dimanche 28 septembre 2014

La fin annoncée de l'hôpital traditionnel : Pourquoi la France prend du retard




Au début furent inventés les hospices, simples lieux d’hébergement des malades et des indigents. Avec les progrès de la médecine et de la chirurgie, les malades ont pu y être soignés et même guéris pour certains. Les hôpitaux modernes ont commencé à leur succéder avec la création de plateaux techniques comprenant  des  blogs opératoires, des locaux de consultations et d’examens notamment radiologiques. Puis des méga centres hospitaliers, notamment les CHR, centres hospitaliers régionaux, se sont constitués, flattant l’orgueil des élus locaux, en premier lieu, des maires, présidents de leurs  conseils d’administration  ainsi que celui de leurs responsables  hospitaliers, administratifs et médicaux.
Leur importance était mesurée, et l’est encore aujourd’hui en grande partie, au nombre de leurs lits. C’est pour cela qu’ils rivalisèrent:  à qui serait le plus grand, jusqu’à créer au nom de l’hospitalo-centrisme, longtemps, en cour des monstres ingérables et fort coûteux. De plus leur budget de fonctionnement, jusqu’à la mise en place récente de la tarification à la pathologie, était calculé sur le nombre de journées qu’ils avaient réalisées et non sur leur activité réelle.
Depuis quelques années une tendance très lourde est apparue accentuée par la mise en place de la tarification à la pathologie : les séjours dans les hôpitaux diminuent et dans certains cas disparaissent,  rendant inévitable la fin  de l’hôpital hébergeur. Celui-ci à l’avenir sera essentiellement constitué de plateaux techniques et de quelques services spécialisés comme ceux des soins intensifs et de la réanimation et l’accueil des urgences. 
Deux modes de prise en charge nouvelles  ont vu le jour et vont remplacer de plus en plus l’hospitalisation traditionnelle, l’ hospitalisation temporaire- au maximum, la journée- pour la chirurgie et l’hospitalisation à domicile pour la médecine.
La chirurgie ambulatoire   Les progrès de l’anesthésie réanimation et des techniques chirurgicales comme la coelioscopie ont facilité les interventions permettant au malade opéré de rentrer chez lui le jour même de son intervention. Dans mon article du 8 Juin 2014 intitulé : Nécessité fait Loi : Le cas de la chirurgie ambulatoire, j’ai exposé les avantages de cette pratique pour les malades et pour le budget  de  l’ Assurance  Maladie.
L’hospitalisation à domicile. Les malades peuvent recevoir chez eux les mêmes soins qu’à l’hôpital. Outre l’avantage insigne qu’elle représente pour eux, elle est nettement moins  chère, quand on compare son coût à celui d’un service de médecine.

Pourquoi la France prend du retard
Le gouvernement confronté au déficit de la Sécurité Sociale voudrait développer ces deux alternatives à l’hospitalisation qui lui permettraient de réduire d’une manière significative les dépenses d’hospitalisation qui représentent 50% des dépenses totales de santé. Mais la tâche est très ardue. Un rapport conjoint de l’IGAS ( Inspection Générale des Affaires Sociales) et de l’IGF ( Inspection Générale des Finances)   cité par le journal Le Point, relève que de 2007 à 2013 la croissance de la chirurgie ambulatoire n’ a pas été significative contrairement à ce qu’avait espéré le gouvernement et que les objectifs qu’il s’était fixé ne seraient pas atteints. J’ai expliqué dans mon article du 8 juin  pourquoi les cliniques privées, essentiellement de province, avaient développé cette chirurgie exigeante, le manque de lits freinant leur activité et en premier lieu celle des chirurgiens rémunérés en fonction de celle-ci. Pourquoi leurs collègues du secteur public les imiteraient-ils, - pas d’intérêt, pas d’action -sauf si  leurs malades l’exigent  et qu’ils risquent de leur préférer un chirurgien du privé . Quant à l’hospitalisation à domicile, très en retard par rapport à d’autres pays ce ne sont pas les médecins salariés qui peuvent en être le fer de lance, comme l’ont été en leur temps les chirurgiens libéraux pour la chirurgie ambulatoire.
Mais le frein le plus puissant au développement de ces alternatives à l’hospitalisation traditionnelle; est le manque courage de nos responsables politiques, en premier lieu la Ministre de la Santé. Ils ont peur d’affronter l’opposition conjuguée des syndicats et des élus locaux car la réduction des dépenses se traduira inévitablement par des suppressions de poste, notamment, voire des suppressions d’établissements. Ils ont peur de la rue, comme leurs prédécesseurs et ils ne veulent pas se risquer d’être impopulaires et compromettre alors gravement leur carrière.

Cette remarque vaut hélas pour toutes les réformes importantes dont notre pays a besoin.

    

samedi 20 septembre 2014

Pourquoi est-il si difficile de dire " Je ne sais pas"




La première fois que j’ ai entendu  prononcer cette réplique, c’était en 1968, dans une réunion à laquelle je participais et  où le directeur financier de Radio Luxembourg avait ainsi sobrement répondu à la question qui lui  était posée - je ne me souviens plus sur quoi elle reposait,  mais je me souviens par contre  qu’ il était le plus compétent d’entre nous pour y répondre - Il ne nous avait pas donné un avis, exprimé  une opinion et encore moins disserté sur le sujet. Il l’avait immédiatement clos par cet aveu d’ignorance.
Nous confondons  trop souvent : savoir et avoir une opinion. Dans « Mérites - tu vraiment ton salaire ?  je m’étonne des questions parfois posées dans la Presse à ses lecteurs comme celle-ci : «  Estimez - vous positif le bilan d’ OBAMA à mi–mandat ? » à laquelle ceux-ci répondirent OUI à 63%, NON à 37% et JE NE SAIS PAS à  0%. S’ils n’avaient pas confondu les deux, ils  auraient avoué à plus de 50% qu’ils ne savaient pas. En effet,  comment pouvaient-ils  porter un jugement valable sur l’action politique d’un chef d’Etat étranger, et même avoir une simple opinion un peu fondée, tellement les différents aspects de cette action sont nombreux et souvent complexes ?  Ces enquêtes journalistiques relèvent de la démocratie d’opinion aujourd’hui très à la mode. Que les citoyens donnent leur opinion sur des sujets qui les concernent. Par exemple, s’il est demandé à des parents d’élèves s’ils sont favorables ou non à la modification des rythmes scolaires pour leurs propres enfants, la réponse sera toujours un avis autorisé. Cela est souhaitable et même indispensable dans une démocratie moderne. Par contre qu’on leur fasse croire qu’ils sont capables d’avoir une opinion sérieuse sur beaucoup de sujets qui le plus souvent les dépassent, et ,sous-entendu, qu’on en tiendra compte, c’est purement démagogique.   
Plus on sait, plus on a conscience, non pas  que l’on ne sait rien - comme le faisait dire PLATON à SOCRATE et sur lequel on peut gloser à l’infini quand on n’a rien à faire - mais que l’on a encore à apprendre, parfois beaucoup, car à mesure que l’on avance dans la compréhension d’un sujet on découvre toute sa complexité cachée aux yeux du profane. Ce qui faisait ironiser le généticien  Albert Jacquard, « comprendre que l’on n’a pas compris est ce qui est le plus difficile à comprendre ! »
Dans les réunions entre amis, dans les repas de famille, chacun peut se laisser aller à  exprimer  son opinion, sans aucune  retenue, ne serait- ce que pour provoquer et entretenir le débat, cela n’a pas de conséquence, d’autant que l’on profère beaucoup de bêtises dans  ces occasions là  et que l’objectif principal n’est pas de s‘instruire grâce  la connaissance des autres, mais de se détendre et de rire si possible. Encore que les enfants, s’ils sont présents, peuvent prendre pour argent comptant ce que disent leurs parents, même s’ils s’en défendent.
Le plus souvent, si « je ne sais pas » est trop abrupt, au moins, nous devrions le remplacer par : je crois savoir, ou mieux encore par : je ne suis pas sur(e), mais je crois savoir. Dans mon métier de consultant, j’ai toujours essayé de distinguer le conseil que je donnais à mes clients fondé sur le savoir, c’est-à-dire la connaissance approfondie du sujet concerné,  du simple avis.
Cette précaution élémentaire s’impose à chacun d’entre nous et d’une manière d’autant plus impérative que notre voix est écoutée. J’ai parlé dans un article précédent des journalistes au sujet de la mort de Dominique BAUDIS du rôle néfaste de certains d'entre eux. Des hommes et des femmes qui n’ont pas toujours conscience de leur lourde responsabilité tout comme  les responsables politiques qui trop souvent s’expriment sur des sujets qu’ils ne connaissent au mieux que par la lecture des fiches qui leur ont été préparées par leurs collaborateurs.       
               

samedi 13 septembre 2014

Elizabeth HOLMES




                                                                                                                    
Il y a 10 ans, cette jeune femme qui en avait alors seulement 19, a abandonné   ses  études d’ingénieur en électricité et chimie  à l’Université de STANFORD en Californie, alors qu’elle était major de sa promotion, pour créer sa propre entreprise.
C’est devenu, disons le en passant, presque  un phénomène de mode aujourd’hui. Même le gouvernement socialiste français qui surfe sur la mode, (il  n’est pas le seul) veut inciter les étudiants à créer leur propre entreprise.  Je renvoie le  lecteur à  mon précédent article : Entreprises :   Faut il croire aux déclarations d’amour des responsables politiques. ?*
Elizabeth HOLMES, avant de démarrer son  entreprise  s’est posé la question suivante : « que puis je faire pour changer le monde et améliorer réellement la vie des gens ?  » Une question que l’on se pose sincèrement quand on a 20 ans, rarement plus tard. Elle ne s’est pas contentée de la poser, elle a décidé d’y répondre. Pour cela, elle a choisi comme champ d’action  les  examens   sanguins  qu’elle  a  voulu rendre  plus simples et confortables,   plus  accessibles   et disponibles à tout moment, enfin  meilleur  marché. »
Son entreprise, elle l’a appelé  THERANOS.
Tout d’abord il faut souligner que l’enjeu économique est très important. Aux Etats Unis, sont effectués des milliards d’analyse  sanguine chaque année qui  coûtent  des milliards de dollars.  D’autre part, les prélèvements sont considérés comme agressifs par toutes les personnes qui craignent les aiguilles comme Elizabeth HOLMES qui en a, elle-même, une peur bleue, ce qui explique en partie son choix. En conséquence la moitié des américains ne font pas faire les analyses que leur prescrivent leurs médecins. Une autre raison est certainement aussi la négligence et la crainte de découvrir des anomalies plus ou moins graves.
Simplicité et confort : Le prélèvement de sang se fait sur un doigt et d’une manière pratiquement indolore, les quantités prélevées sont très faibles. Ce qui a obligé la société THERANOS  à développer des nouveaux systèmes d’analyse chimique pour leurs traitements.  Avec une seule goutte de sang, 30 tests peuvent être pratiqués.
Disponibilité et accessibilité : Pour être près des gens, Elizabeth HOLMES  s’est associée à la plus grande  chaine de pharmacies, WALLGREEN’s  qui possède plus de 8500 officines dans le pays  et dans lesquels ont été  installé un lieu de prélèvement, appelé « Centre de Bien Etre THERANOS ». Les résultats sont envoyés par courrier électronique dans un délai de 4 heures.
Coût : Les prix des analyses sont  50 % moins cher que ceux remboursés dans le cas de l’assurance maladie ( Medicare).
L’  avantage   de pouvoir ainsi  pratiquer  plus souvent des analyses sanguines  est de recueillir des informations plus rapides  sur l’efficacité des médicaments. Elle permet aux firmes pharmaceutiques   de mieux ajuster les doses prescrites.  Par ailleurs avec le même échantillon de sang prélevé, des analyses complémentaires peuvent être faites à la demande du médecin sans qu’un nouveau prélèvement soit nécessaire.
Enfin si les gens réalisent plus fréquemment des analyses de sang, les maladies pourront être détectées plus tôt, y compris certaines formes de cancer dont  l’évolution peut maintenant  être suivie.
Elizabeth HOLMES a su pour développer son entreprise s’entourer de personnalités de premier plan comme l’ancien secrétaire d’Etat Henry KISSINGER. Elle a su aussi attirer des investisseurs privés – chose beaucoup plus aisée aux Etats Unis qu’en France - Tout en conservant la moitié du capital de 9 milliards de dollars, ce qui en fait la femme la plus jeune des Etats Unis à être devenu milliardaire par ses propres moyens et non pas en héritant.
En plus de ses qualités de manager, elle a une foi inébranlable dans ce qu’elle fait, ce qui caractérise d’ailleurs tous les entrepreneurs qui réussissent. Elle a aussi une très grande force de conviction puisée dans cette foi.
Son aventure s’inscrit en marge d’un vaste  mouvement  de création dans la Silicon Valley de  starts ups  qui développent  plusieurs types   d’ appareils  qui mesurent différentes fonctions du  corps grâce à la connexion avec des téléphones « intelligents », fournissant ainsi des données aux médecins et aux laboratoires ainsi qu’à  leurs utilisateurs. Cela dans le cadre d’une médecine de plus en plus  personnalisée et connectée.
Elizabeth HOLMES n’a pas agi pour simplement devenir très riche par ses propres moyens, l’argent n’est qu’un moyen, pas une fin en soi,  et l’enrichissement  personnel n’est qu’un des effets collatéraux, heureux sans plus.  Elle agit pour le bien des autres et aussi, sans qu’elle l’ait pensé au début, révolutionner le système de santé aux USA et peut être demain celui d’autres pays.

ENSEIGNEMENTS

1/ « Je suis jeune, il est vrai, mais aux âmes bien nées, la  valeur n’attend pas le nombre des années », faisait dire CORNEILLE à Rodrigue dans  le Cid. De même que ses aînés, Steve JOBS et Bill GATE, Elizabeth HOLMES  a prouvé  qu’il n’était pas indispensable d’avoir obtenu terminé ses études et obtenu des diplômes prestigieux pour entreprendre avec succès.
2/  Il est urgent qu’en France soit encouragé et facilité le recours aux investisseurs privés, comme aux Etats Unis pour que nos jeunes entrepreneurs ne soient pas obligés, comme c’est le cas actuellement, de partir Outre Atlantique pour trouver des investisseurs privés.
3/  Le succès de cette jeune femme  s’explique  par le fait  qu’elle a osé s’ attaquer - plus ou moins consciemment  au début - à un défi majeur de notre société développée ;  celui  de l’amélioration  constante de la santé des individus voulue par ceux-ci couplée à l’allongement permanente de leur durée de vie ( un trimestre par an d’espérance de vie) avec l’absolue nécessité de juguler l’augmentation inéluctable des dépenses qui lui sont consacrées.




 
* Les temps ont bien changé ! Quand   j’ enseignais   à l’EM Lyon dans les années 70, j’avais crée en 3° année un cours de création d’entreprise - j ‘avais appris que 30% des élèves qui sortaient d’Harvard ,mon Université  américaine de référence, créaient la leur. - Je n’avais pas alors  été  soutenu par mes collègues, bien au contraire. Ceux-ci considérant que les jeunes diplômés devaient impérativement aller se former dans les entreprises avant de créer éventuellement la leur.   Enseignement qui fut plus tard repris par HEC.   





CREATION D'UNE NOUVELLE RUBRIQUE : LE TABLEAU D'EXCELLENCE



 Les médias  nous abreuvent en permanence des faits et gestes  de célébrités, dans tous les domaines -  qui sont souvent leurs créatures - aussi bien  dans l’entertainement  comme disent les anglo - saxons, que dans les sports ou la politique. Chaque année, le journal Le Parisien  publie le hit parade des personnalités préférées des français.
Dans les dix premiers, nous retrouvons cette année,  9 membres du show business : la chanson, le cinéma, le spectacle, la télévision. Une seule personnalité n’en fait pas partie, Simone VEIL qui aurait, elle, sa vraie place  au Panthéon des femmes dont l’action publique a été remarquable. Elle se retrouve en 4° position, entre deux humoristes, Danny BOON et Florence FORESTI, cela n’a aucun sens commun. A part de vouloir  faire rire.  Questions : l’an prochain gagnera –t-elle une place ou en perdra – t – elle une ? Sera –t-elle doublée par Mimi MATHY ou Gad ELMAHEH ?  à moins  qu’ elle  ne passe devant Omar SY.
Le suspense commence et va devenir insupportable au fil des mois ! 
Je  ne  nie pas  l’  importance   des hommes et des femmes qui nous distraient et nous font oublier momentanément nos soucis, mais ils ne peuvent être placés sur le même plan que ceux et celles qui oeuvrent   à l’amélioration de la condition de leurs contemporains.  C’est pourquoi  j’ ai  décidé de faire connaître ces derniers, pas forcément célèbres, mais qui ont mérité leur salaire au regard de leur utilité économique et sociale. *  et de les inscrire à un tableau d’excellence. Je commencerai par Elizabeth Holmes, une jeune femme  qui a décidé de révolutionner certaines pratiques médicales aux USA et demain en Europe et ailleurs.
Après avoir décrit leur entreprise et expliquer les raisons de leur réussite, j’en tirerais des enseignements, qui peuvent être autant de repères pour ceux qui en cherchent dans un monde dit on déboussolé.


* Dans «  Mérites tu vraiment ton salaire ? », j’insiste  dans le premier chapitre sur l’utilité sociale que doit avoir l’action  de tout homme qui veut mériter le sien.  

samedi 6 septembre 2014

Entreprises : Faut il croire aux vibrantes déclarations d'amour des responsables politiques ? des entreprises ?



 Les déclarations d’amour envers les entreprises des responsables politiques, et plus particulièrement des responsables socialistes que nous voyons fleurir aujourd’hui,  sont elles sincères ?.
Si elles ne le sont pas, cela signifie  qu’ils ne font que s’adapter à l’air du temps, ce sont des girouettes qui  s’orientent, poussées par le vent. Comme disait Edgar FAURE, l’ancien Président du  Conseil des ministres de la IVème République, ce ne sont pas les girouettes qui changent de direction, mais  le vent. Tout le monde veut aujourd’hui créer son entreprise, même Monsieur MONTEBOURG grand contempteur de l’entreprise privée, cela en est presque risible. Une des formes  d’entreprise les plus  recherchées est celle de l’auto entrepreneur qui connaît un grand succès, mais elle n’a strictement rien à voir avec une véritable entreprise, surtout si celle-ci est sur un marché soumis aux vents violents et souvent contraires, pour rester dans la métaphore, de la concurrence internationale.   
Je ne sais plus qui a dit : les déclarations ne suffisent pas, seules comptent les preuves d’amour. Les déclarations de Madame AUBRY ne peuvent faire oublier qu’elle a imposé autoritairement et aveuglement les 35 heures dans toutes  les entreprises quelque soient  leur taille, leur activité  et leur situation.
S’ils le sont, sincères, ils doivent alors reconnaître  qu’ encore  empreints, plus ou moins consciemment,  de l’idéologie marxiste   avec le rôle prépondérant de l’Etat dans l’économie, la condamnation du capitalisme et encore récemment celle de l’économie de marché, ils se sont trompés.  Ce serait  un exercice salutaire pour notre démocratie.  En effet,  dans le cas contraire, cela voudrait dire que  seuls les citoyens ordinaires se tromperaient et que les responsables politiques seraient sensés  avoir toujours raison. Sans oublier que  les conséquences sont sans commune mesure. En se trompant, ils  trompent beaucoup de personnes qui les suivent, qui croient en eux.*
Les entreprises, leurs chefs et leur personnel ne demandent pas qu’on les aime, ils veulent simplement qu’on ne les empêche pas de vivre et de se développer. Il est vrai que les patrons ne sont pas toujours irréprochables. Dans « Mérites tu vraiment ton salaire au chapitre que je leur ai consacré,  j  ’énumère  les différents commandements  auxquels ils devraient obéir vis à vis de leurs salariés et vis à vis de leur environnement et  je leur conseille d’ être  irréprochables vis à vis de tous.
Les responsables politiques, comme je l’ai déjà souligné  dans le cas de madame DUFAUT connaissent aujourd’hui en 2014, une  désaffection que nous pouvons considérer comme historique et  qui s’explique par la  conviction  profonde qu’ils ne sont pas sincères, qu’ils n’agissent que dans  leur propre intérêt et, qui plus est, ne sont pas capables, qu’ils soient de gauche ou de droite, de résoudre les problèmes que le pays rencontre depuis des années et en premier lieu le chômage de masse.
Chacun d’entre eux doit donc, en conscience,  et s’il veut aussi s’assurer un avenir, non  pas leur faire des déclarations d’amour, mais simplement se convaincre que les entreprises privées sont  les  partenaires indispensables et incontournables sans lesquelles aucun progrès économique et donc social n’est possible et par la suite agir en conséquence.


* C’est aussi vrai pour tout leader d’opinion

samedi 30 août 2014

Pourquoi Madame DUFLOT, comme tout responsable politique dans notre pays, doit rendre des comptes



Je rappelle que l’objectif du gouvernement était de construire 500 000 logements par an, qu’il n’y en a eu que 323 000 en 2013 et que la tendance est encore à la baisse en 2014.
Je précise que la construction d’un logement entraine la création de 1,8 à 2,5 emplois, selon ceux indirects que l’on prend ou pas en compte comme celui du banquier qui le finance. Le dicton populaire «  Quand le bâtiment va, tout va » trouve là toute sa justification.
En retenant le ratio de  2 emplois, cela signifie que  si Madame DUFLOT avait atteint son objectif, la création d’emploi aurait été de 355 000 !  Peut être que l’objectif de 500 000 logements n’était pas réaliste, mais alors le ministre en charge du dossier aurait du refuser ce chiffre ou ne pas accepter le poste.
Je ne fais pas une fixation sur Madame DUFLOT. Il se trouve qu’elle a détenu récemment  une responsabilité ministérielle importante dans un gouvernement qui s’était fixé comme priorité absolue la lutte contre le chômage, et que son bilan à cet égard est catastrophique, c’est le moins qu’on puisse dire. Ce n’est pas son appartenance politique qui est en cause, elle serait de droite, elle devrait tout autant rendre des comptes sur son bilan, aujourd’hui plus que jamais. Car dans notre pays la défiance de nos concitoyens envers les hommes et les  femmes politiques ne cesse de s’accroître  et cela devient très dangereux. Ils ne croient plus à la Politique et à ceux qui en ont fait leur métier. Certains d’entre eux, de plus en plus nombreux, se tournent vers  des politiciens démagogues, de tous bords, qui savent qu’ils n’ont pratiquement aucune chance de participer un jour à un gouvernement et qui rivalisent de propositions  totalement irréalistes pour ne pas dire farfelus parfois, tout en fustigeant allègrement les « modérés » au pouvoir.
Il nous faut admettre que notre système démocratique  «  le pire à l’exception de tous les autres », induit obligatoirement  la pratique  de la politique politicienne qui lui est consubstantielle et pour laquelle nous français, il faut bien l’avouer, sommes assez friands. Pour se faire élire puis  obtenir des postes de responsabilité, tout candidat doit accepter de tremper dans la tambouille électorale   et pour se faire élire ou nommer utiliser des procédés pas toujours  élégants. Mais s’il  exerce par la suite une charge il doit, comme tout responsable dans notre société qui se veut démocratique, rendre des comptes à ses concitoyens et en premier lieu à ceux qui l’ont élu. De  la même manière qu’un salarié rend compte de son travail à son supérieur hiérarchique, qu’un patron rend compte à  ses actionnaires et parfois même à ses créanciers. Maintenant que la politique est un vrai métier, il est tout à fat normal que ceux qui l’exerce aient les mêmes devoirs que les praticiens des autres métiers. Si un divorce s’est instauré au fil des années avec les citoyens, c’est que ceux - ci ne comprennent et n’admettent pas que les politiques n’aient pas les mêmes obligations qu’eux, à commencer  par celle de rendre des comptes. Plus les charges exercées par ces derniers  sont élevées et plus leur responsabilité est grande. A droite, monsieur Sarkozy envisagerait de revenir sur la scène politique. S’il se décide à se  représenter aux suffrages des français, il devra auparavant faire le bilan  de son quinquennat présidentiel  avec à l’actif ses réussites comme son action au plus fort de la crise financière et au passif ses échecs, comme certaines réformes avortées ou l’ accroissement de la dette  qui ne se s’explique pas uniquement par les conséquences de la crise financière de 2008 ( dixit les économistes).
Les hommes et les femmes politiques devraient admettre qu’ils se sont trompés, qu’ils ont échoué, comme je pense tout responsable ,honnête intellectuellement, devrait le faire. Nous progressons plus  par nos erreurs  que par ce que nous pensons être nos réussites et je suis persuadé que les politiciens se grandiraient aux yeux de leurs concitoyens  s’ils reconnaissaient qu’ils se sont trompés publiquement, bien entendu. Les confessions, publiées parfois post mortem peuvent certes être utiles pour ceux, très peu nombreux qui les lisent. Mais elles apparaissent comme tout à fait dérisoires.



mardi 26 août 2014

Madame DUFLOT, il est l'heure de rendre des comptes, il en va de votre honneur et de celui de toute la classe politique



 L’objectif du gouvernement,  dont vous étiez la ministre en charge du logement, était la construction de 500 000 logements par an. Il n’y en a eu que 323 000 de construits en 2013 et au premier trimestre 2014 le recul par rapport à 2013 a été encore de 11%. Ces chiffres ont été communiqués à l’ Assemblée Nationale par le député socialiste, Christophe CARESCHE . Ils ne sont donc pas discutables. Le constat est sans appel et il est accablant.
Et pourtant ma boîte mail est inondée, comme celle des autres français, je suppose, par des messages de  promotion des avantages fiscaux de  votre loi , la loi DUFLOT. Ceux-ci n ‘ont visiblement pas suffi. Certainement que vous n’êtes  n’est pas la seule responsable de ce désastre, mais vous en êtes tout de même la première et vous ne pouvez pas vous en exonérer. 
Dans la situation gravissime où notre pays se  trouve, où le moindre relèvement des taux d’intérêt historiquement très bas  nous rendrait incapable de rembourser notre dette et remettrait  le pouvoir aux mains de nos créanciers. Où tous les indicateurs sont au rouge : consommation. investissements publics et privés, commerce extérieur, déficit, chômage, la contre performance du secteur de la construction dont vous aviez la charge nous aurait coûté selon  les économistes entre 0,4 et 0,6 point de croissance alors que celle-ci est désespérément nulle.
Il n’est pas l’heure de penser, Madame DUFLOT à votre  carrière personnelle et plutôt que d’écrire un livre pour vous démarquer de la politique  du Président de la République que vous avez servi pendant plus de deux ans,  vous défausser ainsi de ses mauvais résultats et préparer votre candidature aux élections présidentielles de 2017, vous  auriez mieux fait -  comme vous le  suggère le député maire socialiste Gérard COLLOMB  dans les colonnes du Figaro, d’ en écrire un  pour expliquer les causes de votre  échec dont, je le répète  vous n’êtes  certainement pas la seule responsable. Mais il n’est pas encore trop tard !
Pensez à vos concitoyens qu’ils soient de gauche ou de droite, écolos ou pas, dont la désaffection à l’égard de leur responsables politiques va grandissante et menace sérieusement notre démocratie représentative.

samedi 23 août 2014

Il ne suffit pas de faire partie d'un réseau, faut il encore savoir partager !



 Le 28 Février 2001, j’avais intitulé mon éditorial de la lettre d’IFRHOS*  « Avoir l’esprit réseau ou ne pas être ».
J’avais crée un réseau de cliniques qui s’appelait  INTERCLINIQUE et  dont un des objectifs était de faire partager des informations et des expériences entre des  dirigeants d’établissements, leurs collaborateurs et leurs médecins.  Je précise que ces établissements n’étaient pas concurrents entre eux.  J’avais constaté, pour le regretter amèrement, que la grande majorité des adhérents se contentaient de recevoir les informations. Très rares étaient ceux qui me téléphonaient  pour me dire : «  j’ai une information qui intéressera mes collègues, je vous charge de la leur communiquer »  Internet n’était alors qu’ à ses tous débuts.  Aujourd’hui qu’il est omniprésent, qu’il facilite énormément les échanges, sans parler des facultés d’accès offertes grâce aux : wifi, smartphones et tablettes, que les réseaux fleurissent, les adhérents de ceux-ci ont-ils vraiment changé par rapport aux adhérents d’INTERCLINIQUE ? Je n’en suis pas du tout sûr. Je parle surtout des adhérents de réseaux professionnels comme Linkedin.
Je ne parlerai pas des réseaux souvent purement récréatifs, distrayants, où les internautes envoient leurs photos de vacances  et font connaître  leurs goûts à des inconnus – c’est facile, il suffit de cliquer : « J’aime ».-  Des réseaux où parfois l’indécence la dispute à la vulgarité.
Beaucoup trop d’internautes se contentent de recevoir et jamais ils ne donnent. Ils font partie d’un réseau et souvent de plusieurs, pour recevoir gratuitement – c’est la magie d’internet -  des informations, se faire connaître des chasseurs de tête, trouver éventuellement des clients.
Le comble ; certains d’entre eux ne répondent même pas aux mails qu’ils reçoivent de membres faisant partie de leur propre  réseau. Ce qui est, à mes yeux, un manque de politesse élémentaire. Ne pas répondre à un courrier de quelqu’un connaît, est aussi insultant que de ne pas saluer cette personne rencontrée dans la rue. S’ils se comportent ainsi sur le Net, ils se comportent de la même manière dans leur entreprise et dans leur vie sociale et professionnelle.
Savoir partager, c’est cela  le véritable esprit réseau. L’esprit réseau, ce n’est pas seulement profiter des autres.
Dans un monde où les besoins d’informations utiles et sérieuses, j’entends, augmentent à une vitesse vertigineuse, où les connaissances humaines se renouvellent en moyenne dans un délai de sept ans et peut être moins , la meilleure réponse est le partage d’informations.


* Lettre  de management hospitalier

vendredi 15 août 2014

Pour vivre heureux en France ne vivons pas cachés, mais si nous voulons que les autres le soient, sachons rester modestes et réservés.



L’expression «  Pour être heureux, vivons cachés », sujet de bac de philo, était un conseil épicurien ayant fait florès depuis l’Antiquité.  Il fut repris par différents auteurs,  notamment Jean Pierre Claris de Florian qui s’en servit comme la chute de sa fable  du grillon, un grillon qui  enviait le papillon voletant dehors en plein air,  tout à son aise,  et heureux finalement d’être terré dans son trou pour ne pas avoir à subir son sort, victime des chasseurs de papillon.  Cette fable pourrait être adaptée aujourd’hui, le grillon jaloux du papillon et qui se réjouit de sa perte serait le français enfermé dans son univers et dans ses habitudes, qui ne veut pas sortir de chez lui, prendre de risques, envie ses voisins et se réjouit intérieurement de leur mésaventure. 
Pour être heureux, il faut au contraire s’ouvrir au monde, s’ouvrir aux autres, s’enrichir à leurs contacts, ne pas vivre caché. Mais il faut aussi rester modestes et réservés . Pourquoi ?
Selon une étude de l’école d’économie de Paris,*  que je rapporte dans «  Mérites -  tu vraiment ton salaire », les personnes qui se risquent à comparer leur salaire avec celui de leur entourage : collègues de travail, amis et membres de la famille auraient tendance à être moins heureuses et à être plus sujettes  à des dépressions. La plus douloureuse des comparaisons  serait celle avec ses camarades d’Université et la mois traumatisante avec celle de ses collègues de travail.  
Cette différence de salaire se traduit  de différents manières - on n’arbore pas sa fiche de paie sur le revers de son veston - par son train de vie et par son comportement. Les gens  pour la plupart sont naturellement envieux quand ils ne sont pas jaloux de ceux qui leur paraissent plus fortunés qu’eux.
En France, nous n’avons  jamais aimé les riches,  sans faire de distinction entre ceux  qui avaient hérité le plus souvent de leur fortune et  ceux qui l’avaient mérité par leur travail et leur talent. Dans les années 60, il y avait plus de 100 Rolls Royce immatriculés à LYON et je n’en ai jamais vu circuler une seule  entre la place  Bellecour  et la place des Terreaux. A Paris, le grand patron de la banque où je travaillais, se rendait chaque matin à son bureau, rue de la Ville – l’Evêque dans le huitième arrondissement en  moto, juché sur un engin   avec sur le dos un blouson qui avaient sûrement connu tous les deux la dernière guerre.
Aujourd’hui, les français aisés semblent ne  plus avoir de tels égards vis à vis de leurs concitoyens. Nous ne sommes pourtant pas des américains qui, eux, associent naturellement le mérite à la réussite matérielle, laquelle est bien acceptée par la société.
En Allemagne, où les écarts de fortune sont encore plus grands que chez nous, les gens riches sont très discrets, au point de vivre incognito.
Ne nous cachons pas, mais restons modestes aux yeux de ceux qui nous entourent en dissimulant  nos conditions de vie, nos signes extérieurs de richesse et réservés dans nos propos - n’ oublions pas que nous sommes toujours le riche de quelqu’un -




*auprès de 19 000 personnes dans 24 pays citée par le site néerlandais, Arcadius Gazette ,

vendredi 8 août 2014

Fermeture des hôpitaux. L'inconséquence condamnable de certains élus locaux



Pour des raisons parfois sentimentales – vouloir conserver la maternité où lui même est né - et surtout électorales, le maire d’une commune, par ailleurs Président du Conseil d’Administration de l’hôpital, se bat contre sa fermeture ou même  simplement contre celle d’ un  service emblématique, comme celui de la maternité ou des urgences. Il est soutenu en cela  par ses autres collègues élus, conseillers généraux, députés, sénateurs.
Il met en avant la défense de l’emploi et la lutte contre la désertification du territoire, nobles causes qui recueillent l’assentiment unanime de ses concitoyens en cette période de fort chômage et de recherches d’économies par l’Etat.
Les principales justifications d’une fermeture d’un service sont :
1/  La sécurité des soins dispensée n’est pas assurée à cause d’une activité insuffisante et/ou un manque de praticiens compétents et de personnels  qualifiés.
2 / Le coût de revient des soins est trop élevé, du à des problèmes d’organisation, mais surtout à une activité là encore insuffisante.
Chaque fois est concerné un problème de taille pour lequel j’ai consacré, il y a quelques années, un ouvrage * qui eut, tout au moins pour moi, le mérite de réfléchir longuement à la question. ( Problème de taille que nous retrouvons dans la plupart des organisations humaines. Par exemple, celle des régions économiques françaises, aujourd’hui d’actualité.)
Dans la première hypothèse évoquée, la responsabilité du maire et de ses collègues est lourdement engagée.  Pour qu’ils s’en libèrent, il faudrait que les malades ou les parturientes, selon le cas, soient  pleinement  informés  des risques qu’ils encourent.
Dans la deuxième hypothèse,  la commune et/ou le département qu’ils engagent par leur position devraient  subventionner l’hôpital à hauteur des déficits causés par leur manque d’activité. Comme ce maire d’une petite ville du Sud Ouest  qui se représenta aux  élections et annonça à ses administrés que s’il était réélu il ferait racheter par la Commune la clinique, dont ils n’appréciaient pas  à juste titre les services, et qui fut réélu triomphalement. Il fallut  ensuite  qu’il  engagea aux frais de la collectivité des investissements importants et déploya beaucoup d’efforts pour attirer de bons praticiens. C’était le prix à payer pour conserver un  établissement de soins de qualité. Il avait, lui, assumé pleinement les conséquences de ces actes.
Bien entendu, dans tous les cas, il faut que les maires soient  correctement informés, aidés en cela par des conseils compétents, ne se reposant pas uniquement sur les affirmations des responsables de l’Administration, eux mêmes pas toujours bien conseillés et subissant parfois de lourdes pressions politiques. Sinon, ils ne devraient pas accepter la Présidence du Conseil d’Administration d’un hôpital qui peut les amener à prendre des positions inconséquentes.     

* « La bonne taille d’un établissement hospitalier » dans lequel j’ai déterminé pour chaque service médical et  médico - technique d’un hôpital, deux seuils  minimaux  aux plans  de la viabilité financière et de la sécurité et deux optimaux aux plans du coût de revient et du fonctionnement.