mardi 8 septembre 2026

Les citations qui donnent à réfléchir et parfois à agir, suite.

 

“ Ne me parle pas trop de religion, tout d’abord, montre-moi ta religion dans tes actions“

Léon Tolstoï

Les chrétiens pratiquants qui parlent facilement de leur religion, qui parfois l’affichent, en sont même fiers en l’agitant comme un porte-drapeau oublient, bien trop souvent, d’appliquer dans leur vie les commandements du Christ ou parfois, il se pourrait qu’ils ne les connaissent pas tous, ou encore ne s’en souviennent plus. S’ils les respectaient, nul doute qu’ils feraient des émules et qu’il y aurait beaucoup plus de chrétiens pratiquants au point qu’il faudrait chaque dimanche doubler les offices et construire de nouveaux lieux de culte, temples et de églises.

1/ Aimer son prochain.

Le premier et sûrement le plus important de tous les commandements du Christ. Certes, ce n’est pas toujours facile dans la pratique de le respecter. Aimer quelqu’un de proche, que l’on connait, qui, plus est, sympathique et en plus vous témoigne de l’amitié, c’est à la portée de tout le monde, mais aimer un étranger, par exemple, c’est bien là qu’on reconnait un vrai chrétien pratiquant sa foi.

Aimer, ce n’est pas seulement proférer de bonnes et belles paroles, c’est en apporter la preuve, comme dit le poète Pierre Reverdy “ Il n’y a pas d’amour, il n’y a que des preuves d’amour“ et concrètement, en premier lieu, apporter son aide et son soutiens aux autres. J’aime bien la traduction en italien de “Je t’aime“ par “Ti voglio bene“. Je te veux du bien.  

Ce que j’admire le plus, ce sont les gens qui font du bien aux autres et ne croient pas en Dieu et je me dis que s’il y a quelqu’un d’assis à la droite du père, c’est un athée qui a fait du bien aux autres“ dit Jean D’Ormesson qui pensait, lui aussi, que faire du bien aux autres devait être naturel pour les chrétiens.

Il est vrai que nous ne sommes pas tous égaux devant cette disposition naturelle d’aimer les autres.  Certains sont foncièrement ouverts et généreux, mus par une empathie foncière et favorisés le plus souvent par une jeunesse heureuse. Pour les autres, être un bon chrétien demande évidemment plus d’efforts.  

Certains chrétiens, non seulement, n’aiment pas les autres qui leur sont différents, mais ils les rejettent quand ils ne les persécutent pas. Manon Roland, figure emblématique de la Révolution Française, avant de monter sur l’échafaud se serait écrié : “ Mon Dieu, que de crimes on commet en ton nom ! “. On pense, évidemment à ceux de l’Inquisition, mais il n’y en a eu, hélas, bien d’autres dans le passé.

“Les hommes ne font jamais le mal aussi complètement et ardemment que lorsqu’ils le font par conviction religieuseconstate Umberto Eco.

 

2/ Aimer les étrangers

Avec la parabole du bon samaritain, le Christ est encore très clair sur ce point et c’est là, où je trouve l’attitude des chrétiens pratiquants pour moi, peut-être la plus choquante.  

Si ces chrétiens pratiquants sont eux-mêmes étrangers, ils doivent respecter les lois du pays qui les a accueillis comme le leur dit Jésus.

3/ Ne pas jeter une pierre à qui a péché

C’est à dire être indulgent envers autrui, savoir lui pardonner et faire acte d’humilité en reconnaissant ainsi ses propres faiblesses, ses propres négligences.

4/ Être honnête.  Ne pas tricher. Notamment en fraudant le Fisc. J’ai connu de fidèles paroissiens qui ne se gênaient pas pour dissimuler certains de leurs revenus.  Bien entendu, ne pas tricher est d’autant plus difficile si nous avons des revenus élevés et donc des tentations d’y succomber. Je me suis toujours étonné de ne pas entendre à la grande messe du dimanche que j’ai longtemps fréquentée, un prédicateur du haut de sa chaire rappeler à ses ouailles la gravité de cette faute.

5/ Gaspiller ses talents    En se référant à la célèbre parabole des talents. Il est vrai qu’il n’y a pas que les chrétiens pour gaspiller les talents dont ils ont hérité.

6/Ne pas aimer l’argent.

Tout d’abord rappelons la parabole du Christ :

Il est plus facile à un chameau de passer par le trou d’une aiguille qu’à un riche de rentrer dans le royaume de Dieu

Gagner beaucoup d’argent n’est pas répréhensible en soi s’il l’est honnêtement et surtout s’il crée de la richesse et des emplois. Ce qui est capital, sans jeu de mot, c’est l’usage que l’on en fait. Je fais allusion notamment à ceux qui ont hérité et donc n’ont aucunement mérité leur fortune. “Ce que vous avez hérité de vos ancêtres, il faut le mériter par vous-mêmes, autrement, ce ne sera jamais à vous. “ dit Goethe

Le chrétien ne doit pas, par vanité notamment pour prouver sa réussite, étaler sa fortune. Chateaubriand avec juste raison nous mettant en garde que “La trop grande disproportion des conditions et des fortunes a pu se supporter tant qu’elle était cachée“ *

Le chrétien pratiquant ne doit pas l’amasser pour le plaisir et l’utiliser comme outil de puissance au profit de ses idées ou de ses ambitions politiques. Nous assistons actuellement à l’action de plusieurs richissimes hommes d’affaires français, catholiques ouvertement déclarés, dont je tairais volontairement les noms qui se servent de leur fortune pour influencer l’opinion publique, notamment en contrôlant une partie de la Presse et de l’édition.  De tous les hommes mauvais, les pires sont ceux qui se servent de la religion “ dit l’écrivain britannique C.S Lewis.

Certains catholiques pensent naïvement qu’il leur suffit de prier pour être exaucés, mais ce n’est pas ce que leur dit le Christ.

En conclusion, si les chrétiens pratiquants respectaient mieux les commandements du Christ,

- ils seraient beaucoup plus nombreux grâce aux émules qu’ils feraient comme le l’ai dit précédemment.

- le monde serait assurément meilleur

Personnellement, je fustige avec la plus grande fermeté ces pratiquants qui arborent leur religion comme un étendard et je pense plus particulièrement à ces riches hommes d’affaires français qui sans que l’on sache trop comment ils ont accumulé leur fortune s’en servent comme instrument de domination.

*J’ai consacré plusieurs articles sur les riches dans mon Blog

Nota Bene   Quelqu’un de suffisamment instruit pourrait aussi parler du comportement des pratiquants d’autre religions, notamment de l’Islam très présent dans notre pays.

mardi 25 août 2026

Le Journal de Toussainte Extrait n°1

 J’ai décidé de publier, comme je le fais pour mon roman « Djemila, la fiancée de Tlemcen », le Journal de mon aïeule qui figure dans le livre que je lui ai consacré :  « La vie de Toussainte M. à Saint-Jean, son Journal ».

Toussainte née Meillard de Fronton, fille du notaire de Saint-Jean-Bonnefonds dans le département de la Loire, près de Saint-Etienne, venait d’épouser Barthelemy Mazenod, mon aïeul, fils de laboureurs de la commune quand elle a ouvert son Journal

 L’année 1777

Le jeudi 15 Mai

-J’ai enfin décidé, après avoir longtemps balancé, de reprendre l’écriture de mon Journal. J’avais commencé à le tenir durant ma dernière année au Couvent, aussitôt après que mon père nous eut quitté brutalement dans des conditions dramatiques. Alors qu’il revenait de rendre visite à un client demeurant au Fay* pour rédiger son testament, il avait été terrassé par une crise cardiaque. Son cheval Blanchette avait poursuivi son chemin jusqu’à la maison et s’était de lui-même arrêté devant. Ma mère ne le voyant pas descendre, s’était approchée de la voiture et l’avait trouvé effondré sur son siège. Elle avait eu juste le temps de le prendre dans ses bras avant qu’il ne rende son dernier soupir. A l’annonce de sa mort, j’avais ouvert mon journal pour laisser s’exprimer ma douleur, mais aussi mon courroux d’être tout à coup orpheline d’un père très attentionné auquel j’étais profondément attachée. A ce moment-là, je dois le protester, ma foi avait vacillé devant ce qui était pour moi une injustice de Dieu. Pour une raison que je ne m’explique toujours pas, je l’ai détruit, le brûlant la veille de quitter le Couvent et d’entrer au service de Jeanne. Maintenant que me voici installée dans ma nouvelle demeure depuis notre retour de voyage de noces, je peux sereinement  l’ouvrir. Ce ne sera pas un journal de bord tenu au jour le jour, mais un journal que j’ouvrirai seulement quand j’aurai quelque chose à dire qui me paraîtra digne d’intérêt, tout au moins à mes yeux.

Le vendredi 16 Mai

Avant de me marier, j’appréhendais de devoir vivre avec mes beaux-parents, les sœurs de Barthélemy et leur grand-père, appelé le patriarche, qui a la réputation d’être un homme très autoritaire*. L’on m’avait instruite que la vie commune sous un même toit générait des conflits, parfois sans fin, d’autant plus si la demeure familiale était exigüe. Mais à Thiollière, Dieu merci, la maison est spacieuse et une pièce a été prévue pour accueillir les jeunes mariés, aussi je me sens chez moi bien que nous prenions nos repas tous ensemble dans la grande pièce qui sert à la fois de cuisine, de séjour et de chambre à coucher pour les maîtres de maison. Dans la nôtre, nous disposons, Barthélemy et moi, d’un lit 4 colonnes en noyer avec un tour et un ciel vert brodé d’un ruban jaune ainsi que d’une couverture de laine blanche, d’un lit pour nos futurs enfants, d’une armoire à trois portes, d’un coffre offert par ma mère et mon frère Ignace dans lequel se trouve mon trousseau livré, selon la tradition, la veille de mon mariage par des jeunes gens du Bourg. Nous disposons aussi d’une table en bois blanc sur laquelle je peux écrire et de 3 chaises. Notre pièce que nous appelons chambre puisque c’est sa destination principale est un peu à l’écart préservant notre intimité, mais j’ai bien conscience qu’elle  sera moins bien chauffée par la cheminée et qu’il nous faudra, le froid venu, bassiner notre lit tout en laissant la porte grande ouverte. Une porte aux dimensions inhabituelles car son ouverture avant la nouvelle construction qui abrite notre chambre ne soit édifiée, était celle d’une large fenêtre qui donnait sur le chapit**. Dans l’armoire, je me suis réservée une étagère, avec l’accord de Barthélemy, où j’ai dissimulé mon miroir ainsi que la fourgeoire*** que ma mère m’avait préparée et dont je ne pense pas me servir très souvent ou en tout cas, discrètement. Je ne voudrais pas passer un instant pour une femme frivole que je ne suis pas. Je ne manque pas de matériel pour écrire. Quand l’étude de mon père à Saint Jean a été fermée après qu’il nous eut quitté, j’ai pu récupérer de nombreuses liasses de feuilles blanches et des plumes d’oie dont il se servait pour rédiger ses actes ainsi que deux pots d’encre qui devraient me suffire pour plusieurs années. Les plumes, j’ai appris, au pensionnat et surtout en regardant agir mon père, à les tailler et les retailler. Notamment en les tranchant en biseau, d’un coup sec de manière à obtenir un parfait plat fendu me permettant de tracer des traits fins tout en économisant de l’encre.

Le samedi 17 Mai

J’ai pris l’habitude de me lever tôt au Couvent des Ursulines à Montbrison, à 5 heures du matin et à 6 heures l’hiver. Barthélemy, lui, ne se lève pas avant 7 heures. Ici à Thiollière, je suis debout à 6 heures. Je m’habille très vite comme j’ai l’habitude de le faire en toutes saisons et je fais ma prière, m’adressant au Seigneur pour le remercier de me permettre de pouvoir fonder une famille. J’ai une pensée pour chaque membre de la mienne, de ma mère très courageuse dans l’adversité qui à la mort de mon père s’est vu contrainte de travailler de ses mains pour subvenir aux besoins de la famille, de ma grande sœur Antoinette qui l’aide dans ses travaux de rubannerie et s’est résignée à rester célibataire, de mon grand frère Ignace, prêtre solide dans sa foi et de mon petit frère Claude qui suit les traces de son frère aîné. Bien sûr je n’oublie mon mari et sa famille et, pour les protéger tous, j’implore la grâce de Dieu. Puis je me rends à la cuisine et je me lave le visage et les mains en silence dans un baquet que j’ai rempli la veille d’eau propre. Quand je me lève, toute la maison est endormie. Marguerite, la servante, ne descend qu’à 7 heures pour allumer le feu dans la cheminée, plutôt pour le rallumer car les cendres sont encore chaudes du feu de la veille et pour préparer le déjeuner. Depuis notre retour de Paris, je poursuis la lecture de l’Astrée que j’ai commencée pendant notre voyage de retour. Les Mazenod, à commencer par mon mari, n’aiment pas beaucoup les livres et les écrits en général, ce sont pour eux des objets sans intérêt pratique et qui font  perdre du temps, surtout en pleine saison, quand les travaux obligent de s’y consacrer entièrement. Actuellement, les jours sont longs et je peux lire et écrire assise à notre table sans être obligée d’allumer une bougie. Quand arrivera l’automne et surtout l’hiver, je devrais m’y résoudre. Aussitôt que j’entends craquer les marches de l’escalier qui mène à l’étage, je sais que Marguerite arrive et je range vite mon livre et mon matériel d’écriture sous le lit puis je vais la rejoindre pour l’aider ; de même quand Barthélemy quitte la chambre, je les range cette fois dans l’armoire au-dessous d’une pile de draps que nous a offerts ma belle-mère. Il y retrouve mes autres livres.

Le dimanche 18 Mai

Par où commencer ? Dans mon premier journal, j’avais jeté sur le papier ces trois mots : « Papa est mort ! » Dans mon nouveau journal, je veux lui dire que je ne l’oublie pas et que je suis heureuse de savoir qu’il est maintenant rassuré sur le sort d’une de ses filles qui a trouvé un mari. Il était très préoccupé comme tous les pères par l’avenir de ses enfants, surtout de ses filles quand on est un gentilhomme pauvre. Il me l’avait avoué un jour qu’il était venu me rendre visite au Couvent et régler la pension aux sœurs. J’avais été très fier de lui, ce jour-là, quand j’avais vu dans le regard de ma supérieure venue le saluer toute la considération qu’elle lui portait. Je ne cèlerai point que j’étais sa fille préférée, comme sûrement toutes les filles cadettes ou benjamines le sont, du 72 moins, je le suppose. Il regrettait parfois de s’être installé à Saint Jean où la clientèle était réduite à cause de sa proximité de Saint Etienne et de Saint Chamond, où il y avait plusieurs études de notaire, ce qui ne lui permettait pas d’en retirer des revenus suffisants. Le grand père Mazenod l’avait aidé en lui adressant quelques clients de ses relations de marguiller, mais ce n’était pas assez. Les gens ne changent pas facilement de notaire, généralement leur homme de confiance et détenteur parfois de lourds secrets de famille, comme il m’en avait fait un jour la confidence. Antoinette et moi n’avions pas de dot et non plus, je dois le protester, des appâts très avantageux qui aurait pu séduire, à défaut de dot, des prétendants de l’aristocratie locale. Cependant, l’éducation que nous avions reçue ne nous destinait pas à devenir un jour l’épouse d’un laboureur ou celle d’un artisan. Bien sûr, nous aurions pu embrasser la vie religieuse comme mes frères, mais ma sœur et moi ne voulions pas vivre cloîtrées ou même dans des communautés plus ouvertes comme celle des sœurs de Saint Joseph et surtout notre foi n’était pas assez solide pour accepter cette condition et renoncer à la vie civile. Pour mes frères, s’ils avaient voulu choisir la carrière militaire, il eut fallu qu’ils puissent acheter leur office de capitaine. C’est pourquoi je crois qu’ils ne l’ont jamais un instant envisagé ****-

* Un quartier de Saint-Jean- Bonnefonds

 **Hangard

***Trousse de toilettes

**** Les deux étaient prêtres

 

mardi 11 août 2026

J'ai décidé d'être optimiste parce que c'est bon pour ma santé

 Comme Voltaire déclarant : “J’ai décidé d’être heureux parce que c’est bon pour la santé“, nous pouvons affirmer, aujourd’hui, qu’être optimiste l’est aussi.

De nombreux experts s'accordent, en effet, pour dire qu'avoir un mode de vie centré autour de la positivité et voir la vie en rose, permet de se prémunir de certains maux et des chercheurs de l’Université de Boston ont constaté, eux, que les personnes étant très optimistes étaient plus susceptibles d’être physiquement actives, moins susceptibles d’avoir des maladies graves et avaient plus de chance de vivre au-delà de 85 ans.

Comment devenir optimiste

Selon les experts, la manière façon de devenir plus optimiste est de créer une routine quotidienne. Il peut s’agir de sortir dans la nature, surtout si on a la chance de vivre à la campagne, ou de programmer des rencontres avec la famille ou avec des amis.

Pour être plus optimiste, il faut aussi être plus confiant en ses capacités et pour cela faire le bilan de ce qui nous avons pu tout de même réussir, malgré les échecs que nous avons tous connus.

Les bienfaits du sourire

Une étude publiée en octobre 2022 dans la revue « Nature Human Behaviour », menée sur 4 000 participants de 19 pays différents, démontre que mimer volontairement un sourire peut déclencher des sentiments de joie au niveau cérébrale, l’expression faciale influençant directement l’état d’esprit par la stimulation de l’amygdale, centre émotionnel du cerveau.

Ceux du rire

Dans mon Blog du 3 janvier 2016 *je parle des grands bienfaits du rire, mais s’il n’est pas toujours facile de rire ou de se faire rire sur commande, il l’est beaucoup plus d’esquisser un sourire. Le lecteur en lisant cet article peut déjà décider “d’accrocher un sourire à sa face“ comme le chantait Aznavour.

La méthode Coué

La méthode Coué repose sur l’idée que la pensée positive influence notre bien être et  sur un principe fondamental qui consiste à pratiquer l’autosuggestion positive pour favoriser un état de bien-être général. Cette méthode pourrait permettre de réduire les pensées négatives et améliorer l’estime de soi.

Ainsi, la méthode Coué s’apparente à une forme de mantra par la répétition de phrases positives qui peuvent être adaptées et recyclées par tous. Progressivement les schémas de pensées négatives laissent places à des discours mentaux constructifs et bienveillants.

Être optimiste, facile à dire, mais beaucoup moins à l’être quand on ne l’est pas de nature et surtout quand les circonstances ne s’y prêtent guère et même dans certains cas, heureusement rares, quand cela est impossible.

S’entourer  chaque fois que cela est possible de personnes agréables et plutôt gaies.

L’humour est contagieux ! Passer plus de temps avec des personnes, si vous en connaissez, qui ont le don de voir le côté amusant des choses, qui sont elles-mêmes optimistes.

Regardez des films drôles 

Sélectionner des films à la télévision qui puissent vous faire rire, les enregistrer et les voir plusieurs fois. J’ai constaté que pour certains, même si on n’est plus surpris par le déroulement du scénario et par les gags que l’on connaît d’avance, on rit tout de même. L’explication est, je crois, tout simplement la capacité de certains acteurs de nous faire rire par leur seule présence.

Choisir des livres qui détendent

Choisir des livres capables de vous mettre de bonne humeur et selon mon expérience personnelle, ils ne courent pas les rayons d’une bibliothèque même fournie comme la mienne.

Oser l’autodérision

Prendre la vie trop au sérieux peut vite devenir pesant. Apprendre à rire de soi-même permet de dédramatiser les situations et d’adopter une attitude plus légère. Bien sûr, il ne s’agit pas de se rabaisser, mais de cultiver un regard amusé notamment sur ses petites maladresses du quotidien.

Rire plus souvent est à la portée de tous. En adoptant ces petites habitudes, nous voyons rapidement notre quotidien s’éclairer de moments joyeux et légers et j’espère qu’à la fin de la lecture de ce Blog, le lecteur sera un peu plus enjoué, au moins pour quelques minutes.

Sans oublier qu’être volontairement optimiste est bon non seulement pour soi, mais aussi pour ses proches.

Et je conclurai en citant à nouveau Voltaire : “La décision la plus courageuse que vous prenez chaque jour, c’est d’être de bonne humeur“

*J’ai déjà publié un article le 22/1/ 2025, intitulé : « Soyons optimistes »

 

 

 

 

 

mercredi 29 juillet 2026

La patrouille en ville

 Pour les nouveaux lecteurs, nous sommes en 1962 à Tlemcen où Jacques Neyrand, le principal protagoniste de « Djemila, la fiancée de Tlemcen » effectue son service militaire.

-Jacques était à nouveau de patrouille en ville. Posté à l’angle de la rue de Lamoricière et de la rue de Sidi Bel Abbès, le dos fermement appuyé à un mur, son esprit vagabondait entre le village d’Ota au pied duquel il campait avec ses camarades du lycée, celui d’Evisa proche et la plage de Porto. C’était en 1955, il avait croisé une jeune fille d’Ota sur la plage, une jeune fille aussi brune et mince que Yasmina et guère plus âgée qu’elle. Ses frères n’avaient pas du tout apprécié cette rencontre et, fidèles à la tradition du pays, avaient voulu venger l’affront fait par un garçon du Continent qui avait osé poser un regard, qui ne pouvait être que lubrique, sur une jeune fille corse. Il ne s’était pourtant strictement rien passé entre cette jeune fille et lui. Il ne lui avait même pas adressé la parole, il avait avec elle échangé un regard, certes un peu appuyé, mais simplement un regard. Il avait fallu que le père Champel, l’aumônier du lycée qui accompagnait Jacques et ses camarades et le curé d’Evisa, intervinssent pour raisonner les assaillants qui s’étaient présentés, menaçants à l’entrée du camp. Le lendemain matin, l’aumônier l’avait convoqué pour le mettre en garde.

“ Si cela se reproduit, je t’avertis, je te mets dans un avion et je te renvoie immédiatement en France“.

 “ Vous voulez boire du thé ?“ 

Une femme était devant lui, vêtue d’un haïk blanc, le visage découvert, à la fois réservé et avenant, avec un plateau en cuivre sur lequel étaient posées une théière fumante, des tasses et une assiette de gâteaux.

“Oui, bien sûr ! Avec grand plaisir !“ lui répondit Jacques, la seconde d’étonnement passée.

“ Et vos camarades en prendront-ils ?“ 

“Je vais le leur demander, Madame. “

Jacques traversa le carrefour pour interroger ses 2 camarades postés en face. Ils refusèrent tout net par crainte d’être empoisonnés, lui dirent-ils. Après le thé à la menthe ce furent les gâteaux mais ils n’eurent pas plus de succès. Le thé, à la rigueur, on pouvait ne pas aimer, ce n’est tout de même pas la boisson favorite des soldats et puis il était facile d’y mélanger un poison, mais des gâteaux ! Pouvait-on imaginer un instant que des gens mal intentionnés préparent des gâteaux à la mort-aux-rats, les fassent cuire et distribuer par une femme anonyme à de simples trouffions inoffensifs, alors que la guerre était finie ? Jacques, confus, peiné et très contrarié les excusa auprès d’elle.

Ce n’est rien dit-elle en souriant et elle ajouta :

“Le principal est que cela vous plaise“

Jacques n’était pas au bout des surprises désagréables, ce jour-là. Comme ils rejoignaient le command-car qui devait les ramener au camp, ils croisèrent sur le trottoir une jeune fille européenne.

“Mademoiselle ! J’aimerais bien être à la place de votre culotte ! “lui lança le magasinier Berlatier. Déclaration qui fut saluée par les rires de ses camarades. Jacques, outré aurait voulu présenter ses excuses, mais la jeune fille avait accéléré le pas et avait déjà disparu au coin de la rue. Il aurait aimé insulter l’agresseur, mais Fernandez* venant d’un autre poste de contrôle pour rejoindre le command-car et à qui il venait de rapporter les deux incidents s’en chargea.

“Vous êtes une bande d’abrutis, fatche de cons ! “leur lança-t-il du haut de son mètre quatre-vingt-cinq. “Vous vous plaignez que personne ne s’intéresse à vous, mais quand des arabes sont gentils, vous croyez qu’ils veulent vous empoisonner et les filles pied-noir, quand vous en rencontrez, vous les dégoûtez pour toujours de vous adresser la parole“. 

Alors qu’il regagnait sa chambre où l’attendait une lettre de sa mère que Le Guennec** avait déposée sur son lit, Jacques se demanda ce qui a pu faire changer Fernandez au point de se comporter en gentleman, lui le garçon boucher, grande gueule, jurant comme un charretier et toujours prêt à raconter une histoire grivoise.***

*Le chef cuisinier pied noir du Bataillon

**Un camarade de chambrée de Jacques

***Le lecteur en découvrira plus tard, comme Jacques, la raison

 

 

mercredi 15 juillet 2026

Des citations qui donnent à réfléchir et parfois à agir, suite.

 Le programme de Marine Le Pen est une liste à la Prévert de dépenses supplémentaires largement sous-estimées à 63 milliards d’euros par an financées à l’aide de recettes hélas en partie fictives Jean Tirole.

Les gens du RN sont des grands amateurs, ce ne sont pas des gens sérieux, ils ne sont pas capables de gérer la France, ils sont incompétentsPhilippe Aghion.

Jugements sans appel de nos deux prix Nobel d’Economie et cependant, de nombreux français votent pour eux et seraient même prêts à les porter au Pouvoir alors que ce Parti politique n’a pas :

-à ma connaissance, renié ses origines et répudié ses fondateurs, ni dénoncé les auteurs de l’attentat du Petit Clamart contre le Général De Gaulle dont ils ont l’indécence, et le mot est faible, de se réclamer aujourd’hui.

-continue à vouloir que notre pays abandonne l’Europe, sans retenir les leçons du Brexit et de son fiasco en Grande Bretagne,

-refuse de soutenir l’Ukraine et ainsi se range, de fait, du côté de son agresseur,

Qui enfin pose parfois des bonnes questions, comme l’excès d’immigration non intégrée à la société française, mais donne de mauvaises réponses, comme disait, en son temps, Laurent Fabius, premier ministre de François Mitterrand.

Pourquoi ?

Ils sont tout d’abord victimes, si j’ose dire, et ils ne sont, hélas, pas les seuls :

-de cette illusion collective que l’avis d’un individu diffusé sur les réseaux sociaux, quel qu’-il-soit, a autant de valeur à leurs yeux que celui d’un scientifique qui aurait effectué de nombreux travaux reconnus par ses pères. Je ne peux pas m’empêcher, à ce sujet, de citer l’écrivain et philosophe Umberto Eco “ Les réseaux sociaux ont été envahis par des imbéciles leur donnant le même droit de parler qu’un Prix Nobel. Avant ils se contentaient de s’exprimer au bistrot sans faire du tort à la personne“ Que les gens s’expriment, pourquoi pas, ils en ont tout à fait le droit, mais de là à les écouter, sachant qu’ils ne connaissent généralement pas ou pas suffisamment le sujet dont ils parlent, non !

-de leur pensée paresseuse que fustige à juste titre Boris Cyrulnick qui, faisant aucun effort de réflexion, ne leur permet pas de distinguer le vrai du faux, la fiction et la réalité alors que les mensonges, les fake news, dont j’ai plusieurs fois parlé dans mon Blog, n’ont jamais aujourd’hui été aussi répandus et utilisés sans vergogne par certains hommes politiques pour qui la fin justifie tous les moyens.  Cette pensée paresseuse entretenue par les Réseaux Sociaux et les plateformes qui en les divertissant en permanence leur évitent de réfléchir. Ils ne lisent plus, absorbés, même ceux qui ont fait des études supérieures, par leurs écrans ; j’en ai été témoin, et j’en fais aujourd’hui l’amère expérience comme auteur d’ouvrages. Sans oublier les risques futurs courus par notre démocratie qu’évoque Aldous Huxley : “La dictature parfaite ressemblera à une démocratie, une prison sans murs dans laquelle les prisonniers ne penseront pas à s’évader, un système d’esclavage où grâce à la consommation et aux divertissements, les esclaves aimeront leur asservissement    Déjà le mot d’ordre de Ciceron était :  Panem et circences“, et son conseil “donner leur du pain et des jeux et ils ne se révolteront pas“.

Ils sont aussi ignorants,

-du fonctionnement de l’économie comme beaucoup de français et même certains responsables politiques. Le gouvernement actuel, enfin, semble s’en soucier et prévoirait des cours d’économie dans l’enseignement secondaire et je me demande si nous ne pourrions- pas demandé à des candidats à des élections législatives et présidentielles de passer des tests de contrôle de leurs connaissances en la matière ?

-de l’histoire de notre pays et notamment de celle de la deuxième guerre mondiale et de la collaboration. S’ils sont enfants d’immigrés, leurs parents ne leur ont peut-être pas appris que c’était Franco et Mussolini qui en Espagne et en Italie les avaient obligés de se réfugier en France. Il est vrai que le niveau de la classe politique dans notre pays, de plus en plus bas, me semble-t-il, ne les aide pas. 

Ils n’ont pas du tout conscience de leur responsabilité

-En tant que citoyen qui vote et donc choisit ses représentants aux différentes élections pour diriger le pays. Ils ne mesurent pas un instant l’importance de leur geste, à supposer qu’ils fassent l’effort de se rendre aux urnes.

Enfin, et c’est peut-être le plus grave, ils s’en moquent.

-Mécontents de leur situation actuelle pour bien des raisons dont la plupart ne relèvent pas de la responsabilité de nos dirigeants en exercice, ils incriminent, bien entendu, le Pouvoir en place, encouragés en cela par les partis d’opposition et tous les hommes et femmes politiques qui veulent exister et ils se disent pourquoi ne pas essayer de le remplacer par ce Parti qui leur fait de nombreuses promesses, ne serait-ce que pour voir !

PS Je ne parle pas des ennuis judiciaires de sa principale responsable et du reniement de ses engagements passés qui à eux seuls justifieraient un article.

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mercredi 1 juillet 2026

Patrouille de nuit, suite et fin.

 -S’étant légèrement déplacé pour trouver une position un peu plus confortable, il huma une senteur printanière précoce qui émanait sûrement d’une plante qu’il ne distinguait pas dans l’obscurité, bien qu’il ait le nez presque collé au sol. A défaut de la voir, il aurait aimé la toucher, mais il n’osa pas lâcher sa carabine, même d’une main.

La douleur avait disparu comme par enchantement. Il se sentit subitement bien dans sa peau. Le parfum fragile d’une primevère africaine, annonciatrice du printemps, du renouveau, de l’espoir et peut-être de la fin prochaine de cette guerre stupide. Cette guerre où les frères de Djemila au ventre creux affrontaient dans le djebel des jeunes français trop bien nourris, le rendit optimiste.

Le SCR 300 se mit à grésiller, puis à crachoter. Le sous-lieutenant prit le combiné que lui tendait le radio. “Mission terminée ! On lève le camp !“ annonça-t-il. Pour des raisons connues seulement du Haut Commandement, la chasse aux fels était fermée. La patrouille rebroussa chemin et emprunta le même itinéraire qu’à l’aller.

Le Guennec vint à la hauteur de Jacques.

Une véritable promenade de santé ! Mon prince“.

Tu as raison, ce type de promenade, c’est meilleur pour la santé que les gardes ou les patrouilles en ville, ça nous fait faire de l’exercice, on en a bien besoin, surtout toi

Salaud !“

Tandis qu’ils devisaient gaiement comme leurs autres camarades, satisfaits de leur escapade et heureux de rentrer se coucher, un coup de feu claqua. Une balle siffla   près d’eux, puis une deuxième.

Couchez-vous !“ hurla le sous-lieutenant et Jacques, comme les autres, se jeta à terre.

Tirez ! “ ordonna-t-il tandis que le radio avertissait le QG de l’accrochage. Jacques vida son chargeur en direction de l’endroit d’où étaient partis les coups de feu.

Arrêtez le tir ! “

Deux hommes avec moi ! Nous allons savoir s’il reste encore de ces salopards ! Monetti, vous nous couvrez !“ 

Le sous-lieutenant accompagné de deux soldats qui s’étaient spontanément portés volontaires s’éloignèrent, cassés en deux. Au bout d’une minute, il s’écria :

Ils se sont enfuis, les dégonflés ! Monetti, rejoignez-moi avec les autres hommes ! “

« Et si c’était une diversion ? »  pensa Jacques qui fut le dernier à rejoindre le sous-lieutenant dans ce qui semblait être un boqueteau d’oliviers occupé par ses compagnons. Un instant, il fut tenté de faire part au chef d’escouade de cette hypothèse, mais devant l’air décidé, sûr de lui et farouche de Moatti, il se ravisa. Au fond, il n’était qu’un simple caporal et n’avait rien à apprendre à un officier dans l’exercice de ses fonctions. Bien entendu, les agresseurs avaient disparu et étaient sûrement rentrés tranquillement chez eux. Le sous-lieutenant ordonna à regret l’abandon des recherches, après en avoir informé l’Etat-Major.

Arrivé au camp, Moatti offrit à boire au mess des officiers à sa vaillante troupe. Un verre de cognac dans une main et une cigarette dans l’autre, ils parlèrent tous enfin de leur guerre, visiblement heureux à la pensée d’être demain les héros du camp. De vrais guerriers accrochés une nuit en Afrique par des ennemis invisibles qui avaient lâchement fui devant l’ennemi. Jacques trempa ses lèvres dans son verre, mais le goût du breuvage et son arôme lui firent immédiatement les retirer. Pour ne pas se faire remarquer, il enveloppa de sa main gauche le ballon comme pour en réchauffer le contenu.

Lors d’une surprise party dans les locaux de l’Ecole de Commerce, le 8 décembre 1959, après avoir parcouru les rues illuminées, bondées et joyeuses de la capitale des Gaules, et pour fêter dignement l’évènement, un camarade de promo et lui, après s’être arrêtés dans plusieurs bistrots, dont celui en face de l’Ecole, rue de la Charité, véritable annexe de l’établissement et appelé ainsi par les élèves, s’étaient lancé un défi : vider à eux deux, une bouteille entière de cognac. Défi relevé au prix d’une intolérance définitive à ce digestif. Quand la troupe joyeuse quitta le mess, personne ne remarqua qu’un verre posé sur la table était resté plein.