mercredi 6 mai 2026

Extrait de "Djemila, la fiancée de Tlemcen". La première rencontre de Jacques avec Djemila

 

Jacques, après avoir joué le Prince de Clèves à la radio la veille, cf Extrait précédent.

-Le lendemain après- midi, il accompagnait Micelli et son copain Bruneau* à Tlemcen dans la 2CV fourgonnette utilisée pour le transport du courrier, cordon ombilical avec la mère patrie. Habitué maintenant depuis bientôt deux mois au contact plutôt rude des banquettes des GMC, il apprécia la souplesse chaloupée de la voiture française la plus populaire de tous les temps. Il était significatif, observa-t-il, que le courrier, moral de la troupe, fut transporté avec plus de précautions que les hommes eux-mêmes. Après avoir fait une course dans le magasin Blanc, place des Victoires, Micelli prit la direction du Mechouar pour remettre un pli au Commandement de la place. Le Mechouar que découvrit Jacques qui s’y rendait pour la première fois était un ancien palais royal, citadelle du Moyen Age, qui dominait la ville de Tlemcen avec le minaret de sa mosquée transformée en chapelle par les Français et qui devrait retrouver certainement sa destination première quand les Algériens auraient obtenu leur indépendance. On y accédait par une porte ouverte dans une très haute muraille qu’ils empruntèrent pour se rendre au quartier général. Puis ils dégringolèrent vers le quartier arabe pour se rendre au bordel en empruntant le même itinéraire que celui que Jacques avait parcouru à pied un dimanche après-midi avec les deux mécanos marseillais. Jacques se tut, comme il s’était tu, la veille au mess, sur la visite qu’il avait déjà effectuée et la promesse qu’il s’était faite de ne jamais y remettre les pieds**. Mais au fur et à mesure que la voiture s’approchait de sa destination finale, il regrettait de plus en plus d’avoir accepté aussi facilement, rien que pour faire plaisir à ses nouveaux amis qu’il ne voulait pas décevoir.

La 2CV s’immobilisa devant l’établissement. La petite vieille qui jouait les vamps n’était pas là pour les accueillir. Ils en franchirent le seuil au pas de charge, Micelli en tête, Jacques fermant la marche. A l’intérieur, le décor n’était plus du tout le même. Seul le fond de la pièce, où se trouvait le bar, était éclairé par une lumière rouge tamisée comme dans les boîtes de nuit. Glenn Miller y jouait en sourdine « In the mood. »

Musique d’ambiance de circonstance, pensa Jacques, bien qu’il n’ait pas encore aperçu un seul avion ennemi, pas même le moindre fellagha depuis son arrivée en Algérie. Il revoyait James Stewart interpréter cet air au trombone à coulisse, sous l’attaque menaçante des chasseurs japonais, dans « Moonlight sérénade ».  Il avait vu trois fois le film.

Deux jeunes femmes en déshabillé s’arrêtant au ras du pubis dansaient avec des officiers du corps de santé reconnaissables à leurs épaulettes rouge grenat. Madame Mireille derrière le bar était tout sourire.

- “Bonjour Messieurs !“ lança-t-elle à l’adresse des nouveaux venus. Elle serra les mains généreusement offertes de Micelli et de Bruneau, puis celle plus réservée de Jacques.

- “Tiens, je ne vous connais pas, vous ! C’est la première fois que vous venez !“ 

- “Oui, Madame“. 

Madame Mireille n’avait pas la mémoire des visages ou plus surement feignait-elle de ne pas le reconnaître. Jacques pencha pour la seconde hypothèse.

- “Appelez-le Monseigneur, s’il vous plaît, Madame, il est le Prince de Clèves et…. encore puceau“, susurra Bruneau à l’oreille de la sous-maîtresse. **

- “Alors, Monseigneur, je vous recommande Djemila“ déclara-t-elle très solennellement.

- “Tiens, justement la voilà !“ 

Une jeune fille, presqu’une adolescente, légère dans son déshabillé rose qui ne laissait voir que le bas de ses genoux, franchit les dernières marches de l’escalier, un sourire timide aux lèvres. C’était une berbère au corps gracile et à la longue chevelure noire frisée, comme celle de Yasmina,*** qui couvrait harmonieusement ses épaules.

- “Bonjour !“ dit-elle doucement, sans élever la voix.

- “Bonjour“, répondit Jacques sur le même ton, stupéfait d’une telle présence dans un tel lieu. Quelques secondes s’écoulèrent avant qu’il ne se ressaisisse.

- “Que puis-je vous offrir, mademoiselle ?“ lui demanda-t-il.

- “Un sirop d’orgeat, s’il vous plaît, je n’aime pas l’alcool “, ajouta-t-elle pour s’excuser. 

- “Cela tombe très bien. Je bois également du sirop d’orgeat que j’ai découvert dans votre pays“.

Tandis que la sous-maîtresse les servait, Jacques se retourna. Micelli avait déjà disparu, quant à Bruneau, il dansait avec une femme européenne blonde, plus grande que lui, sur l’air de Saint-Louis Blues ; Luis Armstrong avait succédé à Glenn Miller. Il adressa un petit signe de connivence à Jacques. Madame Mireille lui tendit un ticket dans chaque main :

- “Un ou deux ? “

- “Un !“ Jacques paya, se reprochant tout de suite ce choix qui pouvait paraître avaricieux et qu’il savait être un réflexe acquis fort jeune, un réflexe de pauvre, dont il avait beaucoup de difficulté à se défaire. Djemila avait à peine trempé ses lèvres dans son verre, sans dire un mot. Elle prit la main de Jacques et l’entraîna dans l’escalier.

L’escalier abrupt débouchait sur la galerie qui conduisait aux chambres. Djemila pénétra dans la troisième, suivie de Jacques. La chambre se composait d’un lit à deux places sans traversin recouvert d’un drap blanc, d’une seule chaise et d’un cabinet de toilette dissimulé derrière un paravent rouge corail. Elle était faiblement éclairée par une fenêtre étroite et haute, encadrée de rideaux bariolés.

Djemila n’eut qu’à laisser tomber à ses pieds son déshabillé pour se retrouver entièrement nue. Jacques, qui s’était assis sur la chaise, leva lentement les yeux vers elle et découvrit de longues jambes effilées se terminant par des hanches à peine esquissées, une toison sombre bouclée abondamment fournie, des seins hauts et fermes aux larges aréoles brunes et aux mamelons semblables à des framboises mûres prêtes à être cueillies.

- “Vous ne vous déshabillez pas ?“ lui demanda-t-elle, visiblement surprise et un peu gênée.

- “Oui, bien sûr !“ répondit-t-il en se levant. Les mains et l’avant-bras de Djemila instinctivement s’étaient portées sur sa poitrine et son pubis. Jacques, lentement, presqu’à contrecœur, se dévêtit. Il n’avait jamais été fier de son corps : des jambes courtes et arquées qu’il ne pouvait même pas justifier par la pratique de l’équitation, des épaules un peu trop basses, une absence regrettable de pectoraux développés et d’abdominaux musclés, surtout des bras fluets de jeune fille se terminant bizarrement par des mains carrées de bûcheron. Si on ajoutait à ce tableau qu’en hiver la peau était blanche, presque laiteuse, et que sur sa poitrine se dressaient, ridicules, quelques poils noirs et tirebouchonnés, il était aisé de comprendre pourquoi Jacques n’était pas un adepte du naturisme.

Djemila put enfin retirer ses mains, son client était nu, comme elle. Elle l’amena à la toilette d’usage derrière le paravent. 

-“Vous savez, c’est obligatoire ! “s’excusa-t-elle. L’eau chaude, le savon Palmolive et surtout les mains douces rendirent à Jacques sa virilité, ce qui le fit sourire d’aise et facilita bien sûr le passage à l’acte suivant.

Plus un mot entre eux ne fut échangé. Plus un regard non plus. Il se rhabilla à toute vitesse et gicla dehors, comme un malfaiteur.

Sur le chemin du retour, à peine avaient-ils pris place dans la 2CV tous les trois que, pour ne pas être obligé de répondre à des questions embarrassantes, il prit l’initiative de la conversation. Il demanda à Micelli et à Bruneau s’ils avaient déjà fréquenté en France des prostituées. Ceux-ci ne se firent pas prier pour lui répondre. Ils lui expliquèrent qu’ils avaient commencé à utiliser leurs services quand ils étaient à Avignon, pendant leurs classes et ils lui donnèrent de nombreuses informations, lieux de rencontre, tarifs, description anatomiques, pratiques érotiques sur les filles qu’ils avaient connues. Quand le sujet parut épuisé avant qu’ils n’arrivent au camp et se séparent, Jacques lança le débat sur le thème : « Avait-t-on eu raison en France de voter la loi Marthe Richard et de jeter ainsi les filles dans les rues sans aucun contrôle sanitaire ? »**** 

*Micelli est le vaguemestre du Bataillon et Bruneau le Chef radio.

**Jacques s’était déjà laissée entraîné par des camarades un dimanche après-midi.

***Yasmina est la fille du gardien du camp auquel je consacrerais un extrait.

****Les officiers et sous-officiers ne fréquentaient les lieux  que les vendredi après-midi après que les pensionnaires aient passé une visite médicale à l'hôpital du Mechouar.

 

mercredi 22 avril 2026

Des citations qui peuvent nous inspirer et parfois nous faire réagir, suite.

 

“Seule, la beauté sauvera le monde “

C’est ce que fait dire Dostoiéwsky au Prince Mychkine  dans « l’Idiot ».   Je ne sais pas si elle le sauvera, mais dans tous les  cas,  il est certain qu’elle contribue, à mes yeux, à le rendre plus supportable.

Devant autant :

- de malheurs dans le monde auxquels nous assistons, amplifiés aujourd’hui par les médias qui les mettent en exergue considérant que les trains qui arrivent à l’heure n’intéressent personne et jouent cyniquement  sur la schadenfreude  (de joie, freude et de malheur ,schaden) de leurs lecteurs, auditeurs et téléspectateurs, cette sensation de jubilation qu'ils peuvent ressentir lorsqu'il arrive des déconvenues à d’autres qu’eux.

-de guerres en Europe avec l’Ukraine, au Moyen Orient avec l’Iran, en Asie avec l’Afghanistan et en Afrique de l’Est avec le Soudan, avec  leur cohorte de morts, de blessés, de personnes déplacées et des paysages dévastés.

- de faits divers, d’accidents, parfois mortels, de vols, de viols et de crimes relatés chaque jour dans la Presse quotidienne.

Devant :

- le comportement de nos semblables, et parfois de nous-même, empreint d’égoïsme, d’étroitesse d’esprit, d’indifférence parfois, dont j’aurais prochainement l’occasion de reparler.   

- l’indécence de certains responsables politiques qui devraient donner l’exemple à leurs compatriotes et  dont j’ai parlé dans mon Blog du 1er décembre 2025.

Il nous reste heureusement :

1/ L’art  qui, comme disait Picasso : “ sert à laver l’âme de la poussière de tous les jours“ et ajoutait :  “Il s’agit d’éveiller l’enthousiasme car l’enthousiasme est ce dont nous avons plus besoin“.  Et Malraux de préciser : “L’art est un effort pour surmonter la mort“.

2/ La nature quand nous avons la chance de la côtoyer,  encore faut-il savoir l’apprécier, surtout quand elle s’éveille comme c’est le cas où j’écris ces lignes, annonciatrice d’un  printemps précoce.

3/ La musique à écouter, comme celles par exemple de la suite n°3 en ré majeur de Bach et  le concert de Aranjuez jouée par un orchestre symphonique.

La musique à chanter,   comme celle d’ Yves Montant  interprétant « Les feuilles mortes » que je considère comme la plus belle chanson française.

Enfin, la musique à interpréter si on a la chance de jouer d’un instrument, même modestement comme c’est mon cas. Une chance que nous pouvons toujours saisir, même à un âge avancé, soit dit en passant.  La musique qui donne une âme à nos cœurs et des ailes à la penséedisait Platon.

La musique qui, en plus, comme je l’explique dans mon Blog du 14 avril 2018, a le mérite de combattre nos pensées négatives, a des vertus relaxantes quand elle est douce et stimulante et peut renforcer notre système immunitaire, quand elle est, au contraire rythmée.

 4/ Enfin, et surtout pour moi, je tiens à le souligner,  la beauté des femmes, de préférence  celles d’âge mûr. Leur beauté naturelle, les soins qu’elles y apportent pour la conserver, mais aussi leur élégance qui les met davantage  en valeur et qui plus est, quand elles ont du talent, de comédienne et surtout  de chanteuse.

Je ne sais pas qui a dit :“L’élégance chez les femmes est  une forme raffinée de la politesse“, mais j’y souscris.

J’ai l’insigne privilège de vivre depuis plus d’un demi-siècle auprès de l’une d’entre elles, mais je n’ai jamais cessé d’être   sensible à la beauté des autres.   

 

 

 

mercredi 8 avril 2026

Nouvel extrait de "Djemila, la fiancée de Tlemcen"

Où le lecteur fait la connaissance du 3ème protagoniste, Jean Fernandez, le pied noir, après Jacques Neyrand et bien sûr Djemila qu’il découvrira dans un prochain extrait.  Pour ceux qui n’auraient pas lu les extraits précédents, nous sommes en 1962 en Algérie où Jacques Neyrand effectue son service militaire dans le Génie et est affecté au service des effectifs de son Bataillon.

La mise à mort du verrat récalcitrant

-On entendit tout à coup des couinements stridents qui venaient de la cuisine et résonnaient dans la cour de l’Etat-Major du bataillon. Le chef cuisinier Fernandez entra en coup de vent dans le bureau du service des Effectifs.

Venez, vous z’ôtres nous aider, on tue le cochon et on manque de bras ! “

Merouche*  s’était rendu ce matin chez le dentiste à Tlemcen et même s’il avait été présent, on n’aurait pas osé demander de l’aide à un musulman, fut-il très serviable, encore que le Coran, s’il interdisait d’en manger n’interdisait pas de le tuer. Le 1er classe Marfisi était de garde et le sergent Bellari avait été convoqué chez le Capitaine Major, son supérieur hiérarchique. Il ne restait plus que Drevon, l’instituteur, et Jacques, les deux « intellectuels » de la Compagnie, pour prêter main forte à l’équipe de cuisine emmenée par Fernandez et tenue en échec par un verrat impressionnant qui n’avait pas du tout envie de mourir.

La bête bien campée sur ses pattes, la queue en tire-bouchon et le groin menaçant, faisait face à ses assaillants. Bloquée au fond de la cuisine entre le piano heureusement éteint, et une lourde table servant à la préparation, il fallait que l’un de ses adversaires l’affrontât seul à mains nues, l’espace entre le piano et la table ne laissant pas la place à deux hommes de front. 

“Allez ! Allez-y, bon Dieu ! engantchez**le, fatche*** de cons !“ s’écria Fernandez, qui s’était armé d’un long couteau. Mais aucun candidat au massacre ne se déclarait. Les deux aide-cuisiniers restaient prudemment en arrière, ayant déjà éprouvé le minotaure. Quant aux « intellectuels », ils dissertaient sur la meilleure manière de gagner la bataille. De longues secondes s’écoulèrent puis une minute, deux minutes… Le verrat, ne voyant rien venir, relâcha un peu son attention. C’est alors que Fernandez sauta sur la table avec une agilité surprenante et inattendue pour un garçon de sa corpulence qui fit l’admiration de ses camarades et il s’écria :

“Barrez - lui la route !“ Il venait de se jeter sur le dos de l’animal, lequel, comme un diable, bondit et renversa sur son passage Drevon et Jacques avec une déconcertante facilité.

Ceux-ci, le cul par-dessus la tête, une fois passé l’instant de  surprise, prirent le parti d’en rire. Cependant le rapport des forces avait changé car Fernandez avait attrapé le verrat par la queue et ne le lâchait plus. La bête était coincée à l’autre bout de la cuisine, mais au lieu de présenter son groin, elle n’offrait plus aux assaillants que son arrière-train tenu en respect par le chef cuistot.

“Allez, venez, vous autres ! Grouillez-vous ! figa molla****“ lança-t-il d’une voix retentissante qui couvrait les rugissements de l’animal. Jacques qui, sur le coup, avait bien ri de sa mésaventure en était tout de même un peu vexé. Il s’approcha de la bête à pas de sioux.

N’aie pas peur, le Prince ! C’est pas comme les bourrins, ça donne pas des coups de pieds par derrière !“ 

Monseigneur étreignit le postérieur du verrat de toutes ses forces, dans une attitude peu aristocratique, puis Drevon s’avança à son tour et se jeta sur la bête pour l’embrasser, mais celle-ci ne s’avouait pas encore vaincue, poussait des grognements impressionnants et donnait des coups de reins qui secouaient dangereusement nos têtes pensantes.

Ce ne fut qu’au moment où les deux aide-cuistots venaient de se saisir chacun d’une oreille que leur chef lâcha la queue et vint rejoindre Jacques et Drevon sur le dos de l’animal et le coucha au sol. Un des aide-cuistots prit alors une grande bassine destinée à recueillir le sang et ce fut la mise à mort. Fernandez avait le visage congestionné et emperlé de sueur au moment où, ayant mis un genou à terre, il enfonça jusqu’à la garde son couteau dans la gorge de l’animal. Jacques courageusement détourna le regard. Les couinements du verrat faiblirent puis cessèrent. C’était fini ! L’adjudant Beretta, responsable des approvisionnements, était venu assister au dernier acte du seuil de la cuisine et il invita les protagonistes à arroser la victoire. Ils se retrouvèrent tous autour d’un véritable buffet garni dans les locaux de l’économat : fromage de chèvre, camembert, beurre, confiture, pain frais, vin blanc et rouge, toutes denrées qui composaient l’ordinaire du mess des officiers mais dont la troupe ne profitait que les jours de fête.

Qu’est-ce qu’il ne faut pas faire, Boudi, pour servir dans l’armée française !“ s’exclama Drevon le languedocien.

“ Tout dépend du grade que l’on a, précisa l’adjudant Beretta, les deuxièmes pompes, vous tuez le cochon au couteau dans la cuisine. Les officiers, eux, ils tuent le sanglier dans le djebel à la mitraillette, du haut d’un hélicoptère“.

“ Quelle mitraillette ? Une Beretta ?“ demanda Drevon.

“ Je m’y attendais ! Décidemment, plus on est instruit, plus on est con !“ répliqua l’adjudant (Jacques se rappela avoir déjà entendu cette condamnation sans appel de ses subordonnés d’un chef autodidacte)  qui ajouta en souriant :

“ Tu sais, Drevon, avec une remarque comme celle que tu viens de faire, en France, je t’aurais fait mettre au trou !“ 

“ Hé oui ! Mais nous sommes en Algérie, mon adjudant, et c’est la guerre !“

“ Tu parles d’une guerre ! En Indochine, oui ! C’était une vraie guerre !“

Drevon, ne voulant pas une fois de plus subir le récit des exploits de Beretta derrière ses sacs de riz et ses boîtes de conserve sur la piste Ho Chi Minh, prétexta un travail urgent à faire avec Jacques. Comme ils regagnaient leur bureau, Jacques dit :

“ Je comprends maintenant pourquoi nous mangeons un jour sur deux du sanglier ! “

Et ce que ne t’a pas dit Beretta, c’est que chaque fois c’est du bénéf pour lui. Les sangliers ne lui coûtent rien, tandis que les cochons, il faut les payer encore que les tuer ne lui coûte rien non plus »“ 

*FSNA, français de souche nord-africaine, incorporé dans l’armée française, qui prétextera une visite en ville chez le dentiste pour déserter et rejoindre l’armée algérienne.

**Attrapez  *** tête ****dégonflé