dimanche 27 juillet 2014

Le chômage en France. A qui revient la palme des responsabilités pour celui des jeunes



Inexorablement, le chômage dans notre pays, mois après mois, augmente et rien n’indique qu’il va fléchir prochainement.
Qui en sont les responsables en dehors, cela va de soi,  du gouvernement actuel qui s’était vanté bien imprudemment d’être capable d’inverser cette tendance ?  Ils sont très nombreux :
-          -    Les pays à faible coût  de main d'oeuvre et à la protection sociale parfois inexistante,
           -    Les entreprises françaises pas assez compétitives par la faute de leurs patrons en manque de créativité et de dynamisme,
 -         -    Les  gouvernements successifs qui ont handicapé ces dernières, notamment en augmentant leurs charges fiscales et sociales,
     -    Des patrons  de PME qui ne veulent pas développer leur entreprise et ainsi créer de nouveaux emplois pour différentes raisons que j’énumère  aux pages 224 et 225 de «  Mérites tu vraiment ton salaire »,
     -    Des salariés qui ne veulent pas déménager et encore moins changer de métier, de se former, en un mot de  s’adapter.
     -    Des consommateurs frileux qui préfèrent épargner plutôt que de consommer, des assurés sociaux qui abusent de la solidarité et plombent les comptes sociaux et par voie de conséquence les charges des entreprises, des français qui ne paient pas leurs impôts …….
Nous sommes tous, en fait, un peu responsables de cette situation, bien entendu,  à des degrés divers, comme nous le sommes des inégalités dans notre pays que j'ai  évoquées dans un article précédent. Mais, concernant le chômage des jeunes, il y a ceux à qui revient la palme d’or des responsabilités. Syndicalistes, enseignants, hommes et femmes de gauche, qui par leur inconscience, leur aveuglement idéologique parfois, leur ignorance de la réalité économique souvent , ont tout fait pour empêcher les jeunes sortis de l’école sans aucune qualification, 150 000 par an  (p 65 à 67) de trouver un emploi, en s’ opposant successivement au CIP ( Contrat d’ insertion professionnelle) de Balladur et au CPE ( contrat première embauche) de Villepin jusqu’à soutenir d’une manière parfaitement démagogique des jeunes lycéens descendus dans la rue. Ajoutons des responsables  politiques qui n’ont pas promu l’apprentissage comme l’ont fait nos voisins allemands.  Des « copsys », conseillers d’orientation pédagogique qui ont mal fait leur travail.
Dans un article précédent, je regrettais  que la prise en compte de la pénibilité dans la rémunération du travail ne fasse pas l’objet d’un très large consensus  national. La raison profonde de ce désintérêt pour les travaux manuels est la même que celle qui a écarté les jeunes du marché du travail  en voulant les pousser dans des études sans aucuns débouchés où ils se sont fourvoyés : Le mépris du travail manuel conjugué à la croyance aveugle en l’omnipotence de l’Education Nationale et à la méfiance envers l’entreprise privée, quand ce n’est pas l’hostilité à son égard ou plus exactement à l’égard de son chef.

dimanche 20 juillet 2014

Qu'avons nous fait de nos talents ? et de ceux des autres ?



Pour mériter vraiment son salaire, l’honnête homme doit, tout au long de sa vie, faire fructifier ses talents.  Ce sont les talents d’or dont parle La Bible, c’est à dire les biens matériels que l’on possède et dont je parlerai dans des prochains articles que je consacrerai à l’usage de ces biens en faisant appel à Max Weber, mais également à Saint François d’Assises.  Mais ce sont aussi et surtout les dons, aptitudes, qualités pour exercer une activité humaine. 
Quand on pense talents, on pense tout de suite  aux talents artistiques et je cite dans mon essai les comédiens qui exercent  le leur toute leur vie et font notre admiration jusqu’à leur mort, Robert Hirsh, Michel Bouquet ou Michel Galabru ou encore  le regretté Laurent Terzieff  qui, dans un entretien  à l’Express , à la question de savoir si le théâtre était pour lui une vocation ou une passion, avait répondu : » Je n’aime pas l ‘idée de passion et de vocation, je crois simplement qu’il faut se regarder dans une glace et se demander : Est-ce que j’ai un don ? Que puis je apporter aux autres ?   Mais il y a des talents beaucoup plus modestes, comme celui de prendre soin des autres pour s’occuper des malades et des personnes âgées.
La leçon que donne  le Christ  dans La parabole des talents relatée par  les apôtres Mathieu et Luc que je cite dans « Mérites tu vraiment ton salaire ? » p 93 et 94 est la suivante : Recevoir à sa naissance un don quel qu’il soit crée une obligation de le faire fructifier au profit des autres. Chacun d’entre nous,  comme Terzieff devant sa glace doit se poser la question : ai  je un talent et son corollaire, comment faire profiter les autres  de ce talent ?
Nous avons tous des talents, parfois ignorés. Pour les découvrir, il faut interroger ses proches ; amis, parents, relations professionnels qui nous connaissent bien et peuvent avoir un avis plus objectif que nous. Aujourd’hui des coachs peuvent nous y aider.  Enfant, ce sont naturellement les parents et dans une moindre mesure les enseignants qui doivent les déceler chez lui et les lui révéler. Puis l’encourager à  les développer.   Comme disait Alphonse Allais : «  Il ne suffit pas d’avoir du talent, faut-il encore savoir s’en servir ». J’ajouterai : « et le vouloir ». Rien n’est pire que son gaspillage qui se fait au détriment des autres qui pourraient en bénéficier, mais aussi à celui de la personne qui le possède. En effet  l’exercice d’un talent  nous permet  de nous réaliser pleinement  et d’en être heureux.
Mais il ne lui suffit pas de développer ses propres talents, l’honnête homme doit aussi  aider les autres à leur donner l’occasion de développer les leurs. Pour rester dans le service  à la personne, les responsables d’établissements d’accueil et de soins aux personnes âgées devraient consacrer davantage de temps au recrutement de leurs personnels en contact avec les malades. 


lundi 14 juillet 2014

Casal, Schweitzer, Levi Montalcini, des exemples dont nous devrions nous inspirer



J’ai relu à l’occasion de l’écriture de  l’ article  précédent  l'ouvrage « La volonté de guérir »  de Norman Cousins publié en 1980 (de l'intérêt d'avoir une bibliothèque pas uniquement décorative dans son salon !) . Ses découvertes sur les vertus du  rire dont j’ai parlé et auquel il a consacré un ouvrage que j'a déjà cité  et sur l’effet placebo sont aujourd’hui, grâce notamment à l’IRM alors pas encore opérationnelle,  totalement confirmées et donc indiscutables.  Mais il parle aussi  dans un chapitre qu'il a intitulé Créativité et Longévité  de   ses rencontres avec deux personnages hors du commun : Pablo Casals et Albert Schweitzer qui  sont  très instructives.
Le célèbre violoncelliste à 90 ans, accablé par les infirmités, chaque matin quittait sa chambre à petit pas, le dos voûté, le souffle court,  et   s’approchait  très lentement de son piano, soutenu par sa jeune épouse. Il s’asseyait  à  grand peine sur le tabouret et posait sur le clavier  ses mains aux doigts gonflés et crispés et le miracle alors, comme chaque matin, se produisait. Ses doigts se desserraient lentement et venaient caresser les touches, son dos se redressait, il semblait mieux respirer. Au fur et mesure que les mesures du Clavecin bien tempéré de Jean Sébastien Bach  s’envolaient,  Pablo Casals ressuscitait. Le miracle se reproduisait l'après midi quand il prenait dans ces bras son violoncelle et faisait corps avec lui.    
Le non moins célèbre médecin de Lambaréné,  à plus de 90 ans, travaillait sans relâche dans son hôpital et pour se reposer jouait, lui, sur son piano la Toccata et Fugue en ré mineur de Jean Sébastien Bach. Pour lui, disait-il, « le meilleur remède devant la maladie  était la conscience qu’il avait une tâche à accomplir ».  Il avait dit un jour à son personnel : "Je n'ai aucune intention de mourir tant que je pourrai faire quelque chose. Et si je peux faire quelque chose je n'ai pas besoin de mourir. Je vivrais donc très longtemps.". Il vécut en effet jusqu'à 95 ans.   Tous les deux étaient très attentifs aux autres.
Récemment décédée, Rita Levi Montalcini, neurologue italienne, prix Nobel de Physiologie en 1986, à 100 ans passés, se rendait chaque jour  à son laboratoire. Elle avait coutume de  dire : «  Il mio corpo fa quello che vuole, io sono la mente ».  Mon corps fait ce qu’il veut, je suis l’esprit. Pour elle, le meilleur remède était de ne pas trop se soucier de son corps. De ne pas le laisser diriger sa vie.
La leçon qu’ils nous donnent est qu’il faut donner toujours un sens et un but à sa vie, être utile aux autres, jusqu’à son dernier souffle. Casals, Schweitzer, Levi Montalcini  ont  sans cesse œuvré, chacun dans leur domaine,  à leur manière, pour le bien des hommes et , heureusement pour ceux-ci, ont vécu très longtemps.



dimanche 13 juillet 2014

Karen Aiach et Norman Cousins, exemples à méditer



 Il y a quelques années,  une jeune fille est atteinte d’une maladie neuro dégénérative, la maladie de San Filippo, pour laquelle il n’existe aucun traitement. Maladie dite orpheline, elle touche trop peu de malades  pour que l’industrie pharmaceutique s’y intéresse et investisse dans des recherches. La jeune fille est condamnée, mais c’est sans compter sur sa mère, Karen Aiach qui refuse d’abdiquer. Ancienne d’Arthur Andersen, déjà patronne d’ une société de conseil , elle  créé  une société Lysogène pour trouver un traitement de thérapie génique qui pourrait sauver sa fille et les autres enfants atteints de la même maladie.  Elle se bat avec obstination pour recueillir des capitaux et financer des recherches. Elle bouscule  au passage beaucoup d’habitudes  et de  contraintes,  notamment médicales et administratives, elle dérange, mais à la fin elle obtient les résultats qu’elle souhaitait. En lisant son aventure dans la Presse, j’ai aussitôt pensé à Norman Cousins. 
A la fin des années 70, le rédacteur en chef de Saturday Review,  Norman Cousins  est atteint d’une  spondylarthrite  ankylosante. Maladie où le tissu conjonctif des articulations se désagrège. Les médecins américains ne lui donnent presqu’aucune chance de guérir. Autant dire qu’ils le condamnent à mort et qui plus est  dans un délai assez court.  Contrairement aux autres malades atteints de la même pathologie, il refuse ce verdict. Comme Karen Aiach, il décide de prendre son sort en main. Il quitte l’hôpital pour s’installer dans un hôtel où il se fait projeter les meilleurs  films comiques sans déranger les autres malades et réduit son traitement simplement à une injection de vitamines C à fortes doses. Il découvre les vertus du rire aujourd’hui reconnues pour notamment le développement des endorphines, hormones libérées par le cerveau qui réduisent la douleur en bloquant la transmission des signaux douloureux, mais aussi pour renforcer le système immunitaire et accessoirement faciliter le sommeil.  Cette volonté de développer   ses propres défenses immunitaires lui permet  « miraculeusement »  de guérir. Le célèbre New England Journal of Médecine  diffuse son témoignage, ce qui lui vaut des milliers de lettres  de médecins et de malades et il se voit même offrir une chaire à l’Université de Médecine de Los Angeles. Il a raconté son expérience dans un ouvrage * que j’ai souvent prêté à  mes amis  et à mes proches en grande difficulté. Il a également consacré un livre au rire **.
Ces deux remarquables aventures à quelques décennies de distance  méritent d’être médités aujourd’hui plus que jamais, car elle nous fournit plusieurs enseignements :
Le premier est que notre corps possède des ressources que nous ignorons et qu’il nous faut vouloir  et savoir mobiliser en faisant appel à des émotions positives comme le rire, l’espérance, la confiance en l’avenir, l’amour.
Le second est qu’il ne faut pas compter uniquement sur le corps médical pour se soigner. Le  malade doit assumer sa part de responsabilité dans les choix de la thérapeutique et son application.   Les médecins n’ont pas toujours le temps  d’examiner leurs patients ; d’ailleurs des études ont montré qu’au bout de quelques courtes minutes ils ne les écoutent pas. Ils n’ont pas non plus toujours les compétences suffisantes. Sans être aussi instruit que Karen Aiach et Norman Cousins, il est  interdit à  personne  de réfléchir aux causes de sa  maladie et dans certains cas de lui trouver  des  remèdes, quand   il  n’y en a pas ou quand ceux qui existent sont inefficaces.
J’ajoute  qu’il ne suffit pas de gérer correctement son « capital santé » trop souvent dilapidé aux frais de la Collectivité pour être un honnête homme, comme je le conseille dans « Mérites tu vraiment ton salaire ? » p. 157 à 161. Il faut et il faudra  de plus en plus   prendre en charge ses soins car la Collectivité ne pourra pas toujours  prendre en charge les dépenses de santé  au fur et à mesure que la durée de vie continuera à croître et il n’y a aucune raison qu’il n’en soit pas ainsi.

* «  La volonté de guérir » aux éditions  du Seuil
** «  Comment je me suis soigné par le rire » aux éditions Payot


dimanche 6 juillet 2014

Qui doit supporter le surcoût salarial justifié de la pénibilité du travail ?



Dans  «  Mérites tu vraiment ton salaire ? » p. 27 et 28 :  je rappelle quelques faits : 2 morts par jour dus à des accidents du travail, 8 à l’amiante et 2 millions et demi de salariés exposés à des substances cancérigènes, causes de 5 à  10 % des seuls cancers diagnostiqués. Les ouvriers,  qui non seulement vivent moins longtemps que les cadres et les fonctionnaires – une dizaine d’années -  mais passent plus de temps qu’eux en mauvais état de santé.  Pour ne prendre que les maladies cardio-vasculaires, ce sont les catégories sociales les plus modestes dont ils font partie qui sont le plus touchées.
Il n’est pas nécessaire d’être de gauche pour soutenir  une mesure de justice sociale attendue depuis trop longtemps : celle de la prise en compte de la pénibilité dans la rémunération des salariés. Qui oserait soutenir qu’il est normal que la durée de vie des ouvriers soit plus courte, qu’ils ne profitent donc pas ou peu de leur retraite, et qu’il ne faille rien faire pour essayer de compenser ce lourd handicap !
Le gouvernement  a  voulu instaurer la mise en place d’un compte pénibilité  dans les entreprises pour  les salariés   qui devrait leur  permettre, en fonction des points obtenus, de partir plus tôt en retraite, de travailler en temps partiel en préservant leur salaire en fin de carrière ou encore de bénéficier de formations pour se reconvertir.
Il a du différer sa mise en place, au  grand dam des syndicats, devant l’hostilité des patrons. Ceux, notamment des PME et des TPE,   qui se plaignent de  la complexité d’attribution de ces points en fonction des nombreux facteurs en prendre en compte, du travail de nuit à l’exposition aux substances chimiques, - ce qui est  vrai - et que ce sont eux qui doivent financer ces comptes par une augmentation de leurs cotisations - ce qui n'est pas juste.  Par contre leur responsabilité est totale dans l'organisation du travail, l'amélioration permanente de ses conditions d'exercice et le respect des règles de sécurité, ce qui n'est pas toujours le cas.  
Par contre, ce sont  les consommateurs de biens et services fournis en tout en partie par des salariés travaillant dans  des conditions pénibles et parfois dangereuses  pour leur santé, voire mortels dans certains cas, qui doivent naturellement en supporter le surcoût, ce qui signifie  que les entreprises doivent le répercuter sur leurs prix de vente.
Je regrette profondément que cette réforme ne fasse pas  l’ objet   d’un très large consensus national, au delà des clivages politiques,   pour réparer une des plus criantes injustices envers  des catégories de français qui, eux, ne descendent pas dans la rue et n’ont pas le privilège de pouvoir bloquer les transports ferroviaires, aériens, urbains et maritimes ou interdire les festivals d’été  pour faire céder les Pouvoirs Publics.  

vendredi 27 juin 2014

Pour l’amour du risque. Impressions de San Francisco.




Pendant quinze jours, nous avons  habité dans une maison en bois, accrochée au versant abrupt d’une colline arborée, située à la sortie d’un virage à épingle à cheveux, qui risquait d’être arrachée et entrainée au fond de la vallée si des pluies diluviennes venaient à tomber, de brûler comme feu de paille si la sécheresse récurrente enflammait les pins alentour – des panneaux indiquent chaque jour le niveau de risque d’incendie - d’exploser sous un tremblement de terre comme en 1992 et d’être percutée par une automobile mal maîtrisée, ce qui  effectivement se produisit la veille de notre arrivée.
Mes hôtes, des français venus à San Francisco, comme 75 000 de leurs compatriotes,  réaliser leurs rêves  n’ont pas peur. Certes, ils sont jeunes et naturellement insouciants, mais l’un de leurs plus proches voisins est le gouverneur de l’Etat de Californie, Jerry BROWN qui pourrait être leur grand père.  Comme lui et la majorité des américains, ils ne connaissent pas le principe de précaution, ils acceptent les risques de OGM et de l’exploitation des gaz de schiste. Dans les parcs, même dans celui de l’Université de Berkeley, des panneaux nous avertissent que nous pouvons nous retrouver à tout moment face à face avec des animaux dangereux : lions, ours et serpents venimeux.  
Dans la Silicon Valley, où  nous avons  assisté à une démonstration de la voiture Goggle sans chauffeur et croisé des employés de la firme détendus sur  leur vélo jaune et vert.  Dans cette vallée, se trouvent les successeurs de Steve JOBS  et de Bill GATES. Ils inventent notre futur. Ils prennent des risques tout en sachant que s’ils échouent, ils ne sont pas condamnés définitivement. Quand ils cherchent des capitaux pour financer le développement de leur entreprise,  ils  n’en trouvent pas auprès des banques mais auprès d’ investisseurs privés qui aiment prendre, eux aussi, des risques avec leur argent.
 Il était de bon ton ces dernières années de pronostiquer le déclin de la société nord américaine. Surement  qu’ils  sont en train de perdre leur leadership mondial. Que leur société est très inégalitaire, dure avec les faible et peu enviable à certains égards mais un séjour à San Francisco, dans la Silicon Valley  et sur les campus universitaires de Berkeley et de Stanford, nous a persuadé qu’ils étaient les mieux armés pour affronter les périls à venir et qu’ils attireront longtemps les jeunes de France et d’ailleurs aimant le risque.                          

lundi 23 juin 2014

Quand les petits chiens remplacent les enfants

Devant une assemblée de couples qui célébraient leurs anniversaires de mariage, le Pape François a rappelé que la fécondité était pour les catholiques un des piliers du mariage. Il a dénoncé cette culture du bien-être économique qui les a convaincus que « c’était mieux de ne pas avoir d’enfants » et il s’est écrié : « C’est sûr, tu peux visiter le monde, partir en vacances, avoir une maison à la campagne, être tranquille et c’est sans doute mieux, plus commode d’avoir un petit chien, deux chats » En ce premier jour de l’été, les trottoirs ombragés de PLAYA D’ARO sur la Costa Brava sont envahis par des petits chiens au bout de leurs laisses quand ils ne sont pas dans les bras de leurs maîtres, des chihuahuas, des bouledogues français, des cockers anglais. Les chats, on ne les voie pas, ils sont restés à la maison. La fécondité est un devoir pour les catholiques et les chrétiens en général, mais également pour tout honnête homme de ce 21ème siècle tel que j’ai essayé de le décrire dans la conclusion de « Mérites-tu vraiment ton salaire » p 250-253. Dans notre pays, la situation est certes moins préoccupante qu’en Italie ou en Espagne où les taux de fécondité sont très bas, mais le notre est obtenu en partie grâce aux familles d’immigrés, du Maghreb et d’Afrique Noire dont les enfants ont de plus en plus de difficultés à s’intégrer à la société française. Dans « Mérites-tu vraiment ton salaire » p 174-175, je fustige sévèrement ceux qui, non seulement préfèrent avoir un petit chien qu’un enfant, mais viennent grossir les rangs de plus en plus fournis des racistes et xénophobes qui rejettent ces gosses d’immigrés qui pourtant remplacent ceux qu’ils ont refusé de faire. Le petit chien, qui ne sert ni de garde, ni pour la chasse, qui ne tient pas de place et peut même être transporté en avion dans ses bagages, est un pur animal d’agrément. Il symbolise à lui seul notre société d’égoïsme décadent.

lundi 9 juin 2014

Nécessité fait loi. Le marketing hospitalier

Dans les années 80, quand des hôpitaux américains se sont retrouvés aux 3/4 vides après l'instauration des DRG, l'équivalent de nos GHM (Groupement homogène de malades), c'est-à- dire qu'ils ont été subitement remboursés sur la base des pathologies traitées et non plus sur le remplissage de leurs chambres et que leurs durées d'hospitalisation se sont brutalement contractées, ils se sont alors posés les bonnes questions. Comment attirer des nouveaux clients ? Quels sont leurs besoins que nous devons satisfaire ? Ils ont inventé le marketing hospitalier. Comme je le raconte dans " Mérites tu vraiment ton salaire ", après un séjour aux Etats Unis, j'ai tenté de sensibiliser par des séminaires des responsables hospitaliers à la démarche marketing. je commençais mes interventions par l'exposé des 20 erreurs marketing que j'avais commises et fait commettre à mes clients - je faisais alors du marketing comme Monsieur Jourdain de la prose - Je n'eus pas tout le succès escompté. Le sujet pouvait attiser la curiosité intellectuelle de certains responsables toujours prêts à s'instruire de concepts nouveaux, il ne représentait pas pour eux une ardente nécessité comme pour leurs collègues américains. Les hôpitaux publics, les cliniques privées, chacun avait son lot de patients et s'en contentait. J'ai bien dit de patients et non pas de clients ! Heureuse nécessité qui impose aujourd'hui la chirurgie ambulatoire en France et qui hier a imposé le marketing hospitalier aux Etats Unis.

dimanche 8 juin 2014

Nécessité fait Loi . Le cas de la chirurgie ambulatoire

Pourquoi le Gouvernement français a décidé de promouvoir dans les hôpitaux la chirurgie ambulatoire ? Non pas parce que les français dans une écrasante majorité y sont favorables - qui d'ailleurs préfèrerait séjourner dans une chambre d'hôpital plutôt que chez lui après une intervention ? - Non pas parce que les risques d'infections nosocomiales sont nettement moindres, de même que ceux de phlébites et d'états confusionnels chez les malades âgés. NON. La raison est la nécessité, l'impérieuse nécessité de diminuer le budget de l'Assurance Maladie en réduisant les coûts hospitaliers. La chirurgie ambulatoire est beaucoup plus développée dans les cliniques privées et cela depuis de nombreuses années. La raison a été la nécessité pour les cliniques et leurs chirurgiens, notamment en province, de palier leur manque de lits d'hospitalisation en décidant de ne pas garder leurs malades et de les renvoyer le soir même de l'opération chez eux. Ce qui les obligeait, avec leurs confrères anesthésistes, à une organisation rigoureuse et très contraignante. Dans les deux cas, seule la nécessité absolue conduit à développer la chirurgie ambulatoire, celle des économies budgétaires pour les hôpitaux publics et celle de traiter des malades malgré le manque de lits d'hospitalisation. Heureuse nécessité, sans laquelle les progrès dans la pratique chirurgicale et dans bien d'autres domaines de l'activité humaine seraient freinés.

samedi 10 mai 2014

Soyons tous des colibris

Pierre RABHI, pionnier de l'agriculture biologique dans notre pays, nous conte une légende amérindienne : " Un jour, il y eut un immense incendie de forêt. Tandis que les animaux terrifiés, atterrés, observaient impuissants le désastre, un minuscule colibri, tout seul, allait chercher de l'eau dans la rivière avec son bec pour la jeter sur le feu. Après un moment, le tatou, agacé par cette agitation dérisoire, lui dit : " Colibri ! Tu n'es pas fou ? Ce n'est pas avec ces gouttes d'eau que tu vas éteindre le feu ! " et le colibri lui répondit : " Je le sais, mais je fais ma part " Dans la version en anglais de la regrettée Wangari MAATHAI, prix Nobel de la Paix pour sa contribution au développement durable " I do the best I can " . Nous nous interrogeons parfois, dans des instants de lucidité, sur l'utilité de nos actions individuelles, notamment sur le gaspillage des ressources naturelles, mais aussi sur celui de l'argent public. Et nous nous disons : à quoi bon être économe sur nos consommations d'énergie et de denrées alimentaires de plus en plus coûteuses et sur les fonds publics de plus en plus rares. Quelles conséquences pratiques entraîne mon comportement vertueux (à part peut être de donner l'exemple ,comme RABHI en France ou MAATHAI en Afrique). Aucunes. Même mon bulletin de vote dans une élection nationale, à quoi sert-il ? Nous doutons un instant, mais nous devons continuons quand même, nous devons persister, car si nous interrogeons notre conscience, nous savons qu'il n'y a pas d'alternative. Au fur et à mesure que l'Etat se désengagera, l'initiative privée devra prendre la relève. Notre société à responsabilité illimitée que je dénonce, dans " Mérites tu vraiment ton salaire " pages 189 à 192, va voler en éclats et l'incendie risque de l'embraser? Alors, comme le colibri de la légende, nous devons sans attendre apporter notre contribution, faire notre part, faire le mieux que nous pouvons, sans se retourner pour savoir ce que font les autres et ce qu'ils disent pour nous décourager. Tout en souhaitant que nous soyons pas les seuls.