J’en ai deux en permanence à ma disposition qui se trouvent
sur des carnets.
1/ Sur un carnet de notes, la liste de tous mes
travaux en cours
Ils sont actuellement au nombre
de 12, comme les 12 travaux d’Hercule, mais ce n’est pas pour me repentir comme
Hercule condamné à effectuer ses travaux pour avoir tué femme et enfants. Je
n’ai rien heureusement à me faire pardonner de très grave…
La majorité de ces travaux
concerne mes différents écrits qui rythment mes journées et mes semaines :
mon Journal et la relecture de mes anciens journaux en vue de leur publication,
mon Blog et ses articles bimensuels, (j’envisage de regrouper mes articles par
thèmes et de les publier un jour après les avoir relus comme je le fais
actuellement pour mes journaux) la recherche de documentations pour mon
prochain roman L’enfant de la Bascule, qui sera la suite de La
vie de Toussainte à Saint Jean. Son journal, (l’enfant en question, mon
bisaïeul, étant l’arrière-petit-fils de Toussainte) la préparation de la
nouvelle édition de L’Honnête Homme du 21ème siècle
enrichie de réflexions tirées de nouvelles lectures et de suggestions des
premiers lecteurs. Elle concerne aussi la promotion de mes livres à commencer
par le dernier « Quand les soldats américains nous jetaient des
fleurs » . Chose moins aisée que de les écrire, pour moi fastidieuse,
que je m’astreins tout de même à exécuter. La composition de mélodies sur
lesquelles je préfère rester très discret, comme mes pièces de théâtre
seulement ébauchées dans l’attente qu’une compagnie régionale veuille bien les
mettre à leur répertoire. Parmi mes autres travaux « non
intellectuels », il y a ceux à effectuer dans ma propriété qui se
subdivisent eux-mêmes en plusieurs chantiers, noms un peu pompeux pour parler par
exemple de la taille des framboisiers.
Pourquoi je tiens à avoir cette
liste de travaux en permanence sous la main. Je n’ai pas de réponse immédiate.
Un psychanalyste l’aurait sûrement, mais je ne me suis jamais étendu sur un
canapé.
Peut-être en y réfléchissant, la
crainte de m’ennuyer et de passer mes journées en occupations futiles à mes
yeux, ou encore celle de ne pas avoir fait ce que je devais faire, de ne pas
avoir la conscience tranquille. Une de mes anciennes collaboratrices qui
s’était occupée autrefois de soins palliatifs comme infirmière m’avait révélé
que beaucoup de personnes qu’elle assistait dans leurs derniers moments lui
avaient confessé ce qu’elles regrettaient de ne pas avoir fait.
Autre interrogation, pourquoi je
me consacre autant à l’écriture sous toutes ses formes ? Mauriac, dans
Confessions Intimes, donne la réponse : “L’oubli, loi inéluctable
contre laquelle nous nous insurgeons désespérément, écrivains, musiciens,
peintres, chasseurs d’image“
J’ajoute que conscient de ma
courte espérance de vie, tous ces travaux en cours peuvent ne pas connaitre de
fin, mais je reste fidèle au précepte attribué à Paul Bocuse :
« Travailler comme si on allait vivre cent ans et s’amuser comme si on
allait mourir demain » Sachant
qu’il est plus facile pour moi de travailler que de me distraire.
2/ Sur un simple répertoire
téléphonique
Les noms de mes proches et amis
avec leur adresse postale et leur adresse mail, s’ils en ont une, ainsi que
leurs numéros de téléphone fixe et portable. Je le consulte régulièrement et
systématiquement quand j’ai un message à leur communiquer. Je ne veux oublier
personne. Ils ne me répondent pas toujours, comme je l’ai expliqué dans mon
Blog du 21 octobre 2022 : « Pourquoi les gens ne répondent pas
aux courriers » mais je persiste, je ne me décourage pas, sachant
que le plus souvent ils procrastinent. Je conserve les noms et coordonnées de
ceux et celles qui nous ont quitté et j’ai ainsi chaque fois une pensée pour
eux.
Je n’ai pas une confiance totale
dans mon ordinateur pour leurs adresses mail et mon smartphone pour leurs
numéros. Je suis plus sûr du papier à l’abri des piratages et des fausses
manoeuvres. Par ailleurs, les carnets sont plus faciles et plus rapides à
consulter.
Tous mes meilleurs vœux
vous accompagnent pour la nouvelle année.