samedi 12 mars 2022

Quan l'indifférence tue

 


"Killed by indifference" a titré The Guardian

La mort de froid dans les rues de Paris du photographe René Robert, après une chute. Les passants ne se sont pas arrêtés.

Quelqu’un est tombé dans la rue et personne ne l’a vu“ chantait Gilbert Bécaud.

Un des aspects les plus lamentables et les plus condamnables de notre civilisation.

Quelqu’un qui se trouve dans la rue assis ou couché ne l’est pas par plaisir. Il n’a pas de toit ou pas d’argent pour se nourrir.

Cet homme ou cette femme a besoin plus que toute autre chose de reconnaissance en tant qu’être humain.

Toute personne que l’on rencontre, même inconnue, un bonjour est pour elle un début de reconnaissance.

J’en ai pris conscience il y a seulement quelques années. Depuis quand je rencontre un mendiant, si j’ai une pièce de monnaie dans ma poche je la lui donne et surtout je le regarde en le saluant.  

Tant pis si l’argent que je lui donne, il va le boire, tant pis s’il fait partie d’une organisation mafieuse qui l’exploite.Je sais que j'ai redonné à un inconnu un peu de sa dignité. 

mercredi 16 février 2022

L'irresistible attirance pour le monde politico médiatique

 


Dans un article précédent, j’ai parlé de la SIATLI, société internationale pour le développement du tourisme et des loisirs, dont je fus l’éphémère directeur financier. Son fondateur et principal animateur avait beaucoup d’entregent, du charme certain et un aplomb énorme que je n’ai retrouvé qu’une seule fois dans ma carrière – nous avions un projet de Centre de Rééducation à Rovereto dans la province de Trente et son animatrice, après avoir décroché des subventions européennes, n’hésitait pas à déranger chez lui au téléphone le Ministre italien de la Santé – A noter que tous les deux n’avaient pas fait de longues études, ce qui ne les complexait pas du tout, bien au contraire, mais ils étaient dévorés par l’ambition.

Michel Gillibert avait, de surcroît, une relation privilégiée dont il allait beaucoup se servir, celle de Philippe Malaud, directeur du cabinet de Couve De Murville, ministre des Affaires Etrangères. Nous sommes à la fin des années 60.

Il avait installé les bureaux de notre société à Lyon, quai Victor Augagneur, au bord du Rhône, dans un magnifique appartement au parquet classé monument historique, loué gracieusement par son propriétaire qui avait l’ambition de voir sa fille, charmante au demeurant, évoluer dans la haute société parisienne. Les meubles de style avaient été prêtés par un antiquaire de Saône et Loire et les murs tapissés de toiles de maîtres prêtées par un marchand de tableau qui possédait deux galeries, l’une Quai Romain Rolland à Lyon et l’autre Avenue Matignon à Paris, (Il avait notamment sous contrat Pierre Soulages).  Les prêteurs de meubles et de tableaux escomptant gagner en notoriété et développer leurs affaires, bien entendu, grâce aux relations de Gillibert, et nouer des relations de haut niveau, si j’ose dire. Une des filles Rothschild faisait partie de ses relations.

Nous avions un chauffeur avec voiture attitré qui nous conduisait à Paris et à Genève. Je ne me souviens plus qui nous avait prêté la voiture, mais certainement quelqu’un qui espérait, lui aussi quelques bénéfices en retour.

Parmi les actionnaires de la SIATLI, on trouvait notamment l’animateur de la célèbre émission de France Inter, Le Pop Club ; José Artur, qui se présentait ainsi : “Je ne suis pas juif et je ne suis pas homosexuel“. La première fois que j’étais allé chez lui, il m’avait montré sa photo de mariage avec l’actrice Colette Castel et tout en me désignant au premier rang une jeune demoiselle d’honneur, il l’avait appelée par son prénom et elle était tout de suite apparue : c’était sa nouvelle compagne.  Nous avions fait ensemble plusieurs pop club où étaient invitées des vedettes du cinéma et de la télévision. 

Un autre actionnaire avait un studio de photo à Genève où nous nous rendions régulièrement et des jeunes filles attirées par le cinéma venaient faire des bouts d’essai.

Un jour nous avions déjeuné dans un célèbre bouchon lyonnais avec François De Grossouvre qui aura en 1981 son bureau à l’Elysée et souhaitait nous faire profiter de ses relations avec François Mitterand me proposant d’être rémunéré régulièrement pour cela. Nous avions décliné son offre, Philippe Malaud assurant qu’il connaissait bien le patron du parti socialiste et avait voyagé récemment avec lui en venant de Roumanie.  

Parmi les actionnaires, des gens de radio et de télévision connus dont j’ai oublié les noms et quand bien même je m’en souviendrais, je ne dévoilerais pas.

Nous étions reçus, Gillibert, Malaud et moi-même avec tous les honneurs par les banques, comme celle de Paribas, qui nous invitaient à déjeuner dans leur salle à manger privée.

Mais ces mêmes banques n’acceptèrent pas de nous suivre dans notre projet à cause même du concept de drugstore inadapté pour la France et nous dûmes avec Jacques Verrière, le marchand de tableaux, déposer les statuts de la société avant qu’il ne soit trop tard, que l’affaire se transforme en scandale politico-financier comme en avait connu la Vème République. Nous étions les deux seuls lyonnais impliqués dans cette affaire et tenions à notre réputation.

La leçon que j’ai surtout retenue de cette aventure qui aurait pu mal se terminer et dont je ne suis pas très fier : très peu de personnes sont capables de résister à l’attrait des relations de prestige, des fréquentations de la vie mondaine et des rencontres de gens célèbres.

dimanche 30 janvier 2022

Lettre à un ami

 


Dans notre dernier échange téléphonique, tu m’as avoué que tu voteras pour Emmanuel MACRON non pas parce qu’il est le meilleur, mais le moins mauvais des candidats.

Ton attitude me surprend et je vais t’expliquer pourquoi il est, objectivement, le meilleur des Présidents que nous ayons eus.  

Politique économique : malgré la crise sanitaire, il est arrivé à ramener le taux de chômage à celui de 2012. Il a réussi là où les anciens présidents de droite et de gauche ont échoué. Il a relancé l’apprentissage d’une manière spectaculaire, qui est une des causes de la diminution du chômage des jeunes.

Notre pays est redevenu un pays attractif pour les capitaux et les entreprises étrangères qui confortent la réindustrialisation de la France enfin relancée. L’an dernier l’augmentation du PNB, 7%, a été la plus élevée depuis 51 ans. Elle a fait plus que compenser la perte de 2020. L’économie est la plus performante d’Europe, nettement plus que l’Allemagne à laquelle elle est constamment comparée.

Grâce au climat de confiance qu’il a su créer, notre pays est davantage entreprenant avec la création l’an passé d’un million d’entreprises. Un million de français qui croient en l’avenir de notre pays. A Las Vegas, au salon des nouvelles technologies, la France était le deuxième plus important exposant après les USA

Politique sanitaire : je te renvoie au prix Nobel Paul KRUGMAN plus compétent que toi et moi, qui considère que la France est un des pays qui a le mieux réussi dans ce domaine.

Politique étrangère Je ne suis pas plus compétent dans ce domaine, mais je constate que la Presse étrangère, notamment allemande salue l’arrivée du nouveau Président de l’Union Européenne. Le premier Président français résolument européen qui a de grandes ambitions pour notre pays annoncées dans son discours de la Sorbonne.

Certes, il n’a pas tout réussi, limité par les crises successives des gilets jaunes et du coronavirus et a dû reporter des réformes importantes comme celle des retraites.

Certes, il a fait quelques erreurs, surtout de communication au début de son mandat dues à son inexpérience, sa fougue et son refus de langue de bois, mais au total son bilan, compte tenu des circonstances, est très bon.

Un Président bienveillant et honnête

Malgré les critiques permanentes, parfois virulentes que n’ont pas connues d’autres chefs d’ Etat en Europe, il est un Président bienveillant qui s’attache à réconcilier les français, ce qui est un devoir impérieux d’un vrai chef d’ Etat, alors que beaucoup d’hommes politiques d’extrême gauche et d’extrême droite par leurs attaques incessantes contre une partie de nos concitoyens, mettent à mal l’unité du pays. Ainsi, son attitude de réconciliation des mémoires qu’il a adoptée envers les pieds noirs et les harkis. J’y suis très sensible pour des raisons personnelles Un homme d’Etat qui refuse dans ses meetings qu’on siffle ses adversaires.

Un président honnête qui renonce à sa future retraite et paie de sa poche ses frais à l’Elysée comme le faisait le général DE GAULLE. Un président qui a une seule et digne épouse, professeur de français, ce qui change, avoue-le, avec ses prédécesseurs.

Pourquoi il est tant détesté, voire haï ?

1/ Il est très intelligent, jeune, sportif, courageux ne craignant pas d’aller au contact de ses contradicteurs.  Impardonnable aux yeux de beaucoup, à commencer par ses adversaires politiques.

2/ Il est beau de surcroît. Il me revient la réflexion d’Alain DELON : « Le jour où j’aurais un cancer les gens commenceront à m’aimer ».  

3/ Il est heureux dans la vie, de surcroît. « Pour vivre heureux, vivons cachés » dit justement le proverbe, mais quand on est Président de la République, on ne peut pas se cacher.

4/ Il n’appartient pas au sérail politique.  Il ne fait pas carrière. A la fin de son second mandat, il n’aura que 50 ans à peine et beaucoup de challenges l’attendent en dehors de la politique. Ce qui explique qu’il ne soit pas aimé par le monde politico-médiatique. Il n’en fait pas partie.

5/ Il réussit comme je viens de le montrer, ce qui fait enrager ses opposants politiciens chevronnés soutenus par la plupart des médias,

J’espère, mon ami, que je t’aurais convaincu et je souhaite sincèrement qu’Emmanuel MACRON, dont notre pays a bien besoin actuellement face aux défis auxquels il est confronté, puisse accomplir sa tâche jusqu’en 2027.