lundi 29 décembre 2025

La traversée de la Méditerranée sur le Sidi Bel Abbes le 17 janvier 1962

 

Je commence aujourd’hui la publication d’extraits de 

certains de mes ouvrages. Tout d’abord ceux de mon roman « Djemila, la fiancée de Tlemcen »*

Mon protagoniste principal, Jacques Neyrand**, après avoir fait ses classes à Avignon au 7ème Régiment du Génie est appelé en Algérie où il doit rejoindre à Tlemcen le 31ème Bataillon. Il embarque à Marseille après avoir passé quelques jours au camp Sainte Marthe où il est engagé pour participer à des différentes tâches, notamment des patrouilles en ville.

La traversée sur  le Sidi Bel Abbès le 17 janvier 1962

Devant ces lamentations, cette touffeur animale qui le prenait à la gorge, cette odeur fétide que dégageaient quelques cinq cents haleines, le double de pieds déchaussés, les reliefs du repas de la veille et jusqu’au remugle de la calle elle-même, enfin le bruit sourd et lancinant des moteurs du bateau tout proche, il s’enfuit, évitant de piétiner au passage les corps qu’il devait enjamber et, au pas de course, grimpa l’escalier menant au pont avant.

A son arrivée, l’air glacial le souffleta violemment. Il remonta instinctivement le col de sa capote et noua autour de son cou le chèche*** que lui avait donné son frère à son retour d’Algérie. Puis il avança d’un pas décidé et rapide vers l’avant du bateau. Le pont était désert, il s’approcha du bastingage. La mer était calme, étrangement calme, seul un léger clapotis répondait au sifflement de la bise. Les aiguilles fluorescentes de sa montre marquaient 7 heures 25, le jour allait bientôt se lever. Il s’assit sur un rouleau de cordage et attendit patiemment l’évènement.

L'horizon à bâbord imperceptiblement s'éclaira. Jacques  abandonna son rouleau de cordage et se rapprocha de la  proue du navire. Le jour se levait et avec lui l'espérance des  hommes.  L'horizon rougeoyait maintenant et commençait  à illuminer le ciel. Sans même se retourner, il sut qu'il n'était  plus seul. En silence, d'autres soldats avaient surgi de la cale  et s'approchaient de lui, le bruit de leurs pas étouffé par le  chuintement des flots contre la coque. C'est alors que de la  mer émergea lentement et avec majesté une boule de feu  incandescent dont les premiers éclats vinrent réchauffer les  cœurs des passagers, puis leurs corps.  L'instant était solennel. Jacques ne put s’empêcher de  penser au directeur de ce théâtre dont le rideau rouge se  levait et de s'adresser à lui.

-Mon Dieu, protégez-moi !

 Il avait bien longtemps qu'il ne lui était pas arrivé de prier.  Mais n'avait-il jamais prié ? Enfant obéissant et discipliné,  il avait récité avec application et parfois avec zèle des Notre  Père, des Je Vous Salue Marie, chanté des Gloria et même  servi la messe avec empressement. L'odeur de l'encens, le  goût du vin blanc sucré, un « Entre Deux mers », les hosties  qui se collaient au palais quand on voulait les manger  comme des langues de chat lui revenaient en mémoire:  souvenirs émouvants, comme ceux de sa communion  solennelle avec son beau costume noir et son brassard  blanc dont il était si fier. Il ne s'était jamais adressé à Dieu  parce qu'il n'avait pas eu de faveur à lui demander qui méritât  à ses yeux une telle sollicitation.

-Mon Dieu, protégez-moi! Je vous le demande pour ceux  qui ont besoin de moi.

Il  vit les gendarmes frapper à la porte de ses parents, l’air sombre et gêné, sa mère qui était cardiaque, à leur vue, tombant en syncope, son père sans voix, comme paralysé par une décharge électrique…

-Non, c’est impossible, l’avenir m’appartient, cet avenir qui commence maintenant avec le jour qui se lève-. Son optimisme naturel lui fit chasser de son esprit cette sombre pensée imposée par son imagination. Une imagination qui ne lui demandait jamais la permission de se manifester, même de manière intempestive. Les côtes espagnoles au loin, à tribord, lui rappelèrent sa lecture de la veille qui l’avait aidé à s’endormir et ses aventures à Séville en compagnie du capitaine de Saint Clar, officier de l’armée napoléonienne. Il eut comme le pressentiment qu’il allait connaître une existence passionnante.

Prochain extrait  : Le premier tour de  garde de nuit  et l’attentat

* Les éditions Ifrhos@orange.fr

** J’avais choisi ce nom tout à fait par hasard et beaucoup plus tard, dans mes recherches généalogiques, j’ai découvert que les Neyrand de Saint-Chamond étaient apparentés aux Thiollière, lesquels l’étaient aux Mazenod.

***Le chèche : Echarpe initialement utilisé par les hommes du désert pour se protéger la tête de l'agression du soleil.

 

 

lundi 15 décembre 2025

Les personnes célèbres que j'ai rencontrées ou failli rencontrer,suite.

 

2/ Les gens du spectacle

Yves Montand

Pour moi, le plus grand chanteur interprète français de son temps, par ailleurs, excellent comédien. Je l’ai rencontré un soir à l’aéroport d’Orly Ouest où, comme moi, il attendait de prendre son avion, lui pour Nice, moi pour Saint-Etienne. Il était assis au salon en train de lire son journal. Je n’ai pas osé le déranger. Lui dire que j’étais un de ses fervents supporters ne l’aurait pas spécialement intéressé, sûrement habitué qu’il était aux compliments. Par contre, quelques années plus tard, je me serais peut-être permis de l’ interroger pour savoir si je pouvais lui adresser les mélodies que j’avais alors créées pour connaitre son avis d’expert. J’ajoute, qu’encore plus tard, après qu’il nous ait quitté prématurément, j’ai créé une chanson en son honneur “Salut Montant ! “ dans laquelle je reprends la majorité des titres de ses chansons comme « Les Feuilles Mortes » A Paris » ou « mon pote le gitan »

J’ajoute que dans les salons d’attente d’Orly notamment et dans certains lieux de Paris comme la Coupole où j’aime déjeuner, j’ai eu l’occasion de croiser assez souvent des personnes très connues.

Louis Velle,

L’acteur qui s’était révélé à la télévision dans la demoiselle d’Avignon avec Marthe Keller. Je parle de notre rencontre dans Il était une fois à Saint-Galmier…la Charpinière*. Il avait séjourné à l’hôtel quand il montait une pièce de théâtre «  L’absence de guerre » de David Here à la Comédie de Saint-Etienne dirigée alors par Daniel Benoin,  lequel nous adressait régulièrement ses invités. Il avait pris deux chambres dont l’une lui servait de bureau car il assurait les fonctions de trésorier de l’Association des auteurs professionnels. Nous avons tout naturellement sympathisé et nous avons un soir dîné avec nos épouses, la sienne étant Frédérique  Hébrard, romancière et fille de l’académicien André Chamson. Nous nous  sommes revus à une fête du livre  à Lyon où ils nous ont dédicacé leur ouvrage « La protestante et le catholique ».

  55 jours de bonheur (et de labeur) à la Charpinière. Tout y est, le cadre, l’accueil, l’agrément, la cuisine, le sport et le repos, tout ! C’est dire à quel point je souhaite me retrouver dans ce coin de paradis. A bientôt donc “ Louis.

On est toujours un peu triste quand on abandonne son mari…même pour quelques jours, mais beaucoup moins triste si on le laisse à la Charpinière au milieu des arbres, des oiseaux et des fleurs et sous la garde souriante et chaleureuse de Monsieur et Madame Mazenod et leur si gentille équipe. Merci d’avoir été sur notre route.“ Frédérique.

D’autres gens célèbres ont séjourné à la Charpinière et ont parfois créée une chaude ambiance le soir comme Serge Gainsbourg, mais mon épouse et moi n’habitant pas sur place, nous n’avons pas pu les rencontrer.

Fernand Reynaud.

J’ai croisé l’humoriste un soir au Crazy Horse Saloon. J’étais en compagnie du docteur Philippe Mouret avec qui  je réalisais la Clinique de la Sauvegarde à Lyon et dont je parle longuement dans mon livre « Une vie au service de l’hospitalisation privée * . Déguisé en serveur, il était éméché et cherchait la bagarre.

José Artur.

Alors directeur financier de la SIATLI dont j’ai parlé dans l’article précédent consacré en partie à Valery Giscard d’Estaing, je l’ai rencontré étant membre de notre société. Quand je l’ai vu pour la première fois dans les studios dans sa célèbre émission « Le Pop Club » avec  sa présentation :  Áh ! qu’il est bon de ne rien faire quand tout s’agite autour de soi“ il s’est présenté ainsi : “Je suis juif et je ne suis pas pédéraste“.

Nous avions rapidement sympathisé. J’ai participé à plusieurs émissions du Pop Club réalisé dans Paris, ailleurs que dans les studios de France Inter, une fois notamment avec Anne Marie Peysson,  journaliste de RTL, une autre fois avec l’acteur Gérard Klein.   Le premier soir où il m’avait invité chez lui, José Artur avait tenu à me  montrer la photo de son mariage avec la comédienne Colette Castel et me montrer du doigt la jeune fille assise au premier rang, puis il s’était écrié d’une voix forte le nom de la jeune fille qui nous a tout de suite rejoint. Elle était sa nouvelle compagne. Je pense qu’il devait faire le coup à tous ses nouveaux invités.

Bruno Cremer

Il séjournait à la Charpinière lors du tournage à Saint-Etienne du film « Les Noces Blanches » avec Vanessa Paradis. Je l’ai invité un soir à dîner ailleurs qu’à l’hôtel, mais la réceptionniste a oublié de m’informer sur le jour et l’heure de notre rencontre. J’ai essayé de rattraper le coup, mais en vain. Il avait été sûrement vexé  de notre rendez-vous raté par ma faute.

Marthe Mercadier

Une excellente comédienne très drôle et truculente qui, nous l’avons appris récemment par sa fille, a connu une fin misérable, abandonnée de tous.  Je l’ai connue d’une manière inhabituelle dans un salon  à Paris consacré à l’Hospitalisation. Je faisais à l’époque régulièrement des salons. Elle m’avait demandé de pouvoir s’ installer dans notre stand pour parler de l’œuvre  humanitaire qu’elle présidait et qui envoyait en Afrique du matériel usagé. Quand nous nous reverrons, elle m’expliquera qu’elle savait emballer correctement grâce à l’expérience qu’elle avait acquise en emballant chaque soir les accessoires de théâtre lors de ces tournées. Elle m’avait révélé qu’en Afrique, c’étaient les femmes qui commandaient dans le ménage, elles laissaient leur mari parader en public, mais à la maison, c’était elles qui faisaient la loi.  Nous nous reverrons plusieurs fois comme pour l’inauguration de mes bureaux à Paris rue Saint Jacques, toujours avec un grand plaisir.

Charles Trenet

J’ai commencé par le meilleur chanteur interprète et je finis par le meilleur auteur compositeur qui a marqué la chanson française.

Je l’ai retrouvé un soir dans un restaurant de Collioures que j’aimais  fréquenter quand j’intervenais notamment  à la clinique des Albères à Argelès dont je parle dans « Une vie au service de l’hospitalisation privée »*. Il était avec un garçon avec qui il ne se gênait pas pour lui montrer, si j’ose dire, son affection. C’était moi le plus gêné des trois.

pmazenod@wanadoo.fr

***Aux éditions Ifrhos : editionsifrhos@orange.fr

Rappel au lecteur  de mon offre promotionnelle du 5 décembre pour les fêtes de fin d’année.

 

 

vendredi 5 décembre 2025

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Chers lecteurs,

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