Nous devons engager cette bataille et la livrer, sans relâche et sans faiblir, si nous voulons pouvoir
conserver demain nos libertés et sauver notre démocratie en péril.
Aujourd’hui celui qui détient le
contrôle de l’Information détient le Pouvoir et les extrémistes de droite quand
ils arrivent au Pouvoir comme en Italie, s’empressent de transformer les médias
publics en outils de propagande alors que dans l’opposition ils criaient à la
censure.
Il nous faut donc :
1/ Tout d’abord bien prendre
conscience que :
-Nous sommes manipulés et cela parfois
sans le savoir. L’industriel Bolloré, propriétaire de nombreux hebdomadaires, du Journal du Dimanche, de Paris Match, d’
Europe 1 et de Cnews, lors de la dernière campagne présidentielle, a développé à
travers ses médias les thèmes qui lui sont chers : l’Islam,
la sécurité et l’immigration. Des thèmes qui ont été repris par d’ autres
médias français comme BFMTV et on ne s’étonne plus alors de la progression du
vote d’extrême droite dans notre pays.
-La démocratie, telle que nous
la connaissons, risque de disparaître ainsi que tous les contre-pouvoirs qui
lui sont indispensables. Si le RN arrive aux affaires, l’ARCOM (l’Autorité de
régulation de la communication audiovisuelle et numérique) risque de perdre
tout pouvoir.
2/ Endiguer la concentration des
médias et aider à l’émergence de nouveaux médias indépendants comme
Franc-Tireur.
Pour cela, il faut revoir la loi
existante sur la concentration des médias datant de 1986 pour la rendre encore plus
restrictive. Elle interdit de posséder à la fois une station de radio, une
chaîne de télévision et un quotidien, ce qui déjà empêché Bolloré de racheter
un quotidien pour ne pas l’enfreindre, ayant déjà les deux autres.
Etant un libéral convaincu, je
ne suis pas opposé à la présence de capitaux privés dans les médias, mais dans
certaines limites et notamment celle de l’atteinte au bon fonctionnement de la
démocratie. Le lancement réussi de Franc-Tireur devrait inciter à la création
d’autres médias.
3/ Rendre les médias publiques,
financés par nos impôts, indépendants.
Ils devraient être un
contrepoids efficace, mais ils sont, hélas, défaillants parce que ses
journalistes, en majorité de gauche, sont plus des militants que des
journalistes qui, par exemple, ont voulu s’ opposer à l’arrivée de leur
confrère Patrick Cohen jugé par eux trop complaisant avec le Pouvoir actuel, en
vérité seulement objectif et compétent. Nous pourrions peut-être aussi parler
des journalistes très militants par exemple de Libération, mais ce ne sont pas
nos impôts qui les paient et leurs lecteurs partagent leur penchant idéologique,
donc ne sont pas trompés sur la marchandise.
4/ Noter les journalistes
politiques
J’avais suggéré d’interroger les
journalistes politiques dans mon Blog du 20 Juin 2020 : Et si
nous nous décidions enfin à renverser les rôles, et je persiste dans cette
idée. Maintenant il nous faut aller plus loin en donnant notre avis sur
chacun d’entre eux et même les noter. Un des critères importants serait leur absence
ou non de démentis aux mensonges
proférés par leurs invités, des mensonges appelés pudiquement des contre-vérités.
Selon un sondage réalisé en Janvier
Février 2020, à la question : Avez-vous confiance dans les informations
données dans les médias, sur 40 pays, la France arrive à l’avant dernier rang
avec 23% de réponses positives ! Je
ne crois pas qu’en quatre ans les français aient changé d’avis.
5/
Dénoncer le catastrophisme qui fait
vendre
Dans son dernier livre, « La civilisation de la peur.
Pourquoi et comment garder confiance dans l’avenir »* l’essayiste Nicolas
Bouzou appelle à résister à cette peur qui nous assaille de tous côtés. Une
peur savamment entretenue par les prophètes de malheur dont j’ai déjà parlé
dans un Blog précédent, une peur qui fait vendre. Il y a un véritable marché de
la peur qui ne cesse de croître. La peur, quand elle est justifiée, peut, bien
sûr, être salutaire car elle nous incite à nous protéger, mais celle face à
l'avenir est souvent excessive, voire irrationnelle.
6/ Tenter de nous libérer de
notre infobésité.
France Info, comme les chaînes en continu, sont les réponses à une
addiction aux informations très dangereuse dont nous sommes tous atteints à des
degrés divers et dont j’ai parlé dans un de mes précédents Blogs Brèves
Chroniques de l’été. Il existera un jour peut-être des cures de
désintoxication comme il en existe pour l’alcool par exemple. Il faut bien
comprendre que plus nous demandons de l’information, plus les médias nous en
fabriquent, même fausses et inutiles.
7/ Combattre le mensonge sous toutes ses formes
Il faut nous rappeler les paroles
d’Hannah Harendt citée dans un Blog précédent.
“Quand tout le monde vous
ment en permanence, le résultat n’est pas que vous croyez ces mensonges, mais que plus personne ne croit plus rien. Un
peuple qui ne peut plus rien croire ne peut pas se faire une opinion. Il est
privé non seulement de sa capacité d’agir, mais aussi de sa capacité de penser
et de juger. Et avec un tel peuple, vous pouvez faire ce que vous voulez.“
La
bataille de l’information comprend celle de la lutte contre le mensonge devenu
une arme redoutable dans les mains de responsables qui n’ont qu’un seul
objectif, prendre le pouvoir pour ne plus jamais le laisser, la fin justifiant
pour eux tous les moyens. Prenons seulement l’exemple du Brexit bâti sur des
informations erronées et de fausses promesses dont les anglais mesurent
aujourd’hui les dégâts.
Chacun, à son niveau de
responsabilité doit participer à cette bataille, déjà en ne relayant pas des
informations dont il n’est pas sûr et en les contrôlant le cas échéant par la
consultation d’autres sources. Puis en les dénonçant sans aucune hésitation.
*Aux éditions Xo