Pour expliquer mon intérêt pour la diététique, le lecteur doit savoir que pour des raisons strictement personnelles je m’y intéresse depuis très longtemps et que j’ai même dans les années 80 tenu un restaurant à Saint-Etienne, rue du Grand Gonnet, qui s’appelait le Jardin Gourmand. Je me suis aussi instruit avec de nombreux ouvrages et notamment celui de Jean Seignalet, auteur de « L’alimentation ou la troisième médecine »* dont j’ai suivi longtemps les recommandations.
Les médias avec le concours de nutritionnistes, médecins ou pas, de soi-disant experts en tout genre, des naturopathes auto proclamés nous abreuvent chaque jour, je devrais dire nous inondent, de conseils pour mieux dormir, pour maigrir, pour rester en forme, pour vivre plus longtemps, pour lutter contre de nombreuses pathologies et pour nous vanter les vertus de certains aliments tout en nous mettant en garde contre d’autres. Des conseils fondés sur des méthodes parfois critiquables dont je parle dans mon Blog du 18/05/2024. « Les nouveaux crieurs à l’ère des réseaux sociaux » en me référant à un article de la revue Que Choisir.
Si je ne souffre que d’une seule pathologie, par exemple du diabète type 2, je sais que je dois surtout éviter de trop absorber de glucides. Par contre, si je souffre de plusieurs pathologies, ce qui est le cas de la majorité des personnes à partir d’un certain âge, j’aimerais que mon médecin de famille complète son ordonnance par des prescriptions diététiques qui me sont non seulement nécessaires mais indispensables. En effet, un aliment peut être bénéfique pour une pathologie donnée et nocif pour une autre. Par ailleurs je dois tenir compte, dans tous les cas, de la dose cf mon Blog du 19/12/2024 « Quelle est la bonne dose ? », à laquelle je dois ne pas oublier la durée comme me l’a indiqué le Professeur Queneau, ancien professeur de thérapeutique, sans oublier leur mode de cuisson éventuellement, la fréquence et l’heure à laquelle je prends les uns et les autres et éviter d’absorber dans le même repas des aliments qui ne font pas bon ménage. A une époque, le régime amaigrissant de Michel Montignac fondé en partie sur ce dernier point avait connu beaucoup de succès, auprès notamment des hommes d’affaires et il a peut-être encore aujourd’hui des adeptes.
Il en est de même pour des médicaments qui doivent être tenus à distance les uns des autres et d’autres qui supportent mal d’être pris avec certains aliments ou qui, au contraire, voient leur efficacité augmenter.
On voit le sujet apparemment anodin est complexe, d’autant plus que chaque malade a ses propres particularités, goûts et allergies éventuelles.
C’est pourquoi, j’ai plus confiance en mon médecin qui a fait au minimum 7 ans d’études, a souvent une longue pratique de la thérapie et me connait qu’à un soi-disant spécialiste en nutrition. Le problème est qu’il n’a pas été formé à la diététique. Je m’en suis aperçu un jour que je déjeunais à Paris dans un Centre de Rééducation, dont j’étais le conseil, avec un médecin qui mettait du sucre dans son café tout en se félicitant de ses séances quotidiennes de jogging. Je raconte cette anecdote dans mon dernier livre « Une vie au service de l’ hospitalisation privée»**
La solution serait peut-être que le médecin de famille s’attache les services d’une diététicienne en qui il a une entière confiance pour conseiller utilement ses clients et qu’il profite dans certains cas du retour d’expérience de ces derniers. Bien entendu, cette prestation supplémentaire devrait être payée par le patient - tout travail mérite salaire - en attendant que la Sécurité Sociale, un jour, la prenne en charge, sachant qu’une meilleure diététique de ses assurés lui ferait certainement réaliser de substantielles économies.
Nota Bene :J’écris cet article, bien entendu, sous le couvert des lecteurs médecins dont je ne manquerai pas de communiquer aux autres lecteurs leurs éventuelles critiques et suggestions.
*aux éditions François de Guisbert
**aux éditions IFRHOS